‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 280 sur 324 · Soz., VI · texte numérisé non relu

Soz., VI

d*étape en étape, de tous les incidents du voyage et de toutes les pensées des voyageurs.

a De Lilarbe» dit-il dans une de ces lettres, je vins à Bérée et i*y demeurai un jour : et là Jupiter me fil voir, par des signes très-clairs, que tout s'annonçait bien pour moi. Pendant la journée que j*y passai, je visitai les fortifications, et je fis à Jupiter le sacrifice vraiment royal d*un taureau blanc. Avec le sénat de la ville, je discutai un peu de religion. Tous louèrent mon discours : peu pourtant se laissèrent convaincre. Avant d*avoir parlé avec eux, je les tenais pour gens d'esprit sain ; mais ils prirent occasion de la liberlé de cette conversation pour déposer à mes yeux toute pudeur. 0 Dieux immortels, en effet, les hommes rougissent aujourd'hui des plus belles choses, le courage et la piété, et s'enorgueillissent des pires, le sacrilège et la paresse du corps et de l'àme * ! »

La lettre de Julien ne dit pas ce qui l'avait si fort scandalisé, chez les gens de Bérée; d'autres moins dis* crets l'avaient appris à l'historien Théodoret. Le fils du président de la curie de Bérée, apostat de la religion chrétienne et converti au paganisme depuis que le paganisme était sur le trône, était venu se plaindre à Julien que son père l'avait déshérité pour le punir d'avoir suivi l'auguste exemple de l'empereur. Julien employa vainement son influence, pendant tout le repas qui lui fut offert, à réconcilier le père et le fils. Il

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