Jul., Ep. XXVII (é«l. Si»;in.), i
leur avait fait prendre place ensemble sur le lit où luimême était couché; mais tout vint échouer devant l'indignation dédaigneuse que la faiblesse du jeune homme causait au courageux vieillard. <c Ne me parlez point, empereur, avait-il dit enfin très-hautement, en faveur d'un misérable qui s'est rendu digne de la haine de Dieu en préférant le mensonge à la vérité. — Laissons là les injures, reprit Julien fort dépité : j*aurai soin de vous, jeune homme, puisque votre père ne veut point avoir égard à mes prières *. »
Julien fut plus content des deux jours suivants de son voyage. Il poursuit ainsi son journal, adressé toujours au même confident. « Batné me reçut ensuite : c*est uo lieu que je ne puis comparer qu'à Daphné; du moins la comparaison peut se faire aujourd'hui, car autrefois, quand le temple et l'image du Dieu subsistaient, je n'aurais pas craint de préférer Daphné non-seulement à Ossa, à Pélion, mais à l'Olympe et à tous les vallons de la Tliessalie... Mais toi-même, tu as fait sur Daphné un discours tel qu'aucun des hommes qui vivent aujourd'hui ne pourrait en faire de semblable, quand même ils se fatigueraient à l'essayer : et je crois même qu'il en est peu dans les âges passés qui eussent atteint cette hauteur. A Dieu ne plaiso»quc j'essaie d'en parler encore, quand tu en as dit des choses si brillantes! Venons 'donc à Batné : si le nom est barbare, le