Théod., m, 2i
lieu est bien grec; car dès que nous y arrivâmes, nous fûmes saisis par l'odeur de l*encens qui s*exhalait de toutes parts, et nous aperçûmes de très-l)elles victimes toutes préparées. Cette vue me réjouit sans doute beaucoup, mais il me parut pourtant que cY'tait trop de chaleur, et que ce zèle était étranger à la vraie piété ; car les choses sacrées doivent se faire loin du bruit et dans le calme, sans autre souci que de plaire aux dieux. Mais nous pourrons remettre cela promptement dans l'ordre convenable. Batné me parut un pays boisé, couvert de bouquets de jeunes cyprès ; point de vieilles souches d'arbres ; tous les plants étaient couronnés de la plus fraîche verdure. Le palais n*est pus somptueux : il est fait d'argile et de planches, et n'est relevé par aucun ornement; le jardin, plus pauvre que celui d'Alcinoûs, plutôt semblable à celui de Laërte. Là aussi se trouvent un petit bois de cyprès, et, contre les murailles, des plantations rangées en ligne. Dans le milieu , des parterres, des légumes et des arbres fruitiers. Que fis-je dans cet endroit? Je sacrifiai le soir, puis le matin au petit jour, comme c'est ma coutume quotidienne , et toutes les choses saintes s étant bien accomplies , je me rendis à la ville d'où je t'écris (Hiérapolis). Là, tous les citoyens vinrent à ma rencontre, et je fus reçu dans la maison d'un ami que je voyais pour la première fois, mais que j'aimais depuis longtemps. Tu connais, je le sais, la cause de cette amitié, mais il m'est doux de te la redire, car entendre et dire ces sortes de choses, c'est