s. Grég. Naz.; Or, v
452 LE RETOUR DE L'aRMÉE.
fussent trompés, quand une affreuse nouvelle est venue comme uo trait percer nos oreilles : Julien mort et ramené dans un cercueil, et le sceptre entre les mains de je ne sais qui! Les Perses maîtres de l'Arménie et de tout ce qui leur convenait ! Je jetai aussitôt les yeux sur mon épée, pensant qu'il n'y avait point de mort violenle qui ne me fût désormais moins pénible que la vie. Ensuite je réfléchis à la loi de Platon, qui défend h toot homme d'opérer lui-même sa propre délivrance, et je songeai qu'allant par cette voie chez Plu ton, j'y serais accusé devant lui ; certes on me reprocherait de n'a?oir pas attendu les décrets de Dieu. Puis il me sembla que c'était mon devoir de vivre pour faire l'oraison funèbra d'un tel homme*.»
Mais son respect pour la volonté des dieux, asseï fort pour lui faire supporter l'existence, n'empêche pourtant pas Libanius d'accuser en termes très-libres l'abandon où ces mêmes dieux ont laissé leur défenseur. « A qui dois-je m'en prendre parmi les dieux, s'écrie-l-il, ou plulôl qui ne dois-je pas accuser? car (ous également ont manqué aux soins qu'ils devaient prendre d'une tête si précieuse. Ils ne se sont souvenus, ni de lanl de victimes, ni de tant de sacrifices, ni de tant de parfums brûlés sur leurs autels, ni de tant de sang répandu et le jour et la nuit! Car il ne faut pas dire qu'il honorait les uns et qu'il négligeait les autres, comme faisait l'Étolien qui ou-