‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 307 sur 324 · Liban., De vita sua, p · texte numérisé non relu

Liban., De vita sua, p

bliait Diane dans le partage de ses offrandes. Mais tout ce que les poètes nous ont appris à connaître en fait de divinités» dieux et déesses, dieux pères et dieux engendrés, dieux souverains et dieux inférieurs, il adorait tout également ; à tous il offrait en abondance les brebis et les bœufs. Aussi je me disais souvent : Il ne manque rien à cet homme : ses chevaux sont vites, ses archers habiles, ses oplites vigoureux, toute son armée brave comme les Dix mille de la Grèce. Mais il a de plus autour de lui tous les dieux, petite armée qui peut beaucoup, n saura obtenir d'eux qu*ils se montrent à découvert aux yeux de ses ennemis; et j*espérais que les trombes, les foudres, les éclairs et les autres traits du ciel, viendraient fondre sur les Perses. Mais voilà la justice de ces dieux : ils se sont laissé rassasier de graisse; ils lui ont fait les plus brillantes promesses. D*abord ils ne lui ont rien refusé ; à la fin ils ont tout perdu. Ils l'ont attiré, comme le pêcheur prend le poisson, par Thameçon, et c'est par les mains de TAssyrien déjà vaincu qu'ils l'ont livré à la mort. On dira donc désormais : Il avait raison celui dont on s'est tant moqué (Constantin ou Constance ), qui vous avait, ô dieux, déclaré une guerre acharnée et violente, qui avait éteint votre feu sacré, qui a fait cesser la beauté de vos sacrifices, qui a foulé aux pieds vos autels, détruit et fermé vos temples, qui a laissé profaner vos sanctuaires par ses courtisans, et qui, abolissant votre ancien culte, a livré votre héritage à un homme mort que personne ne con-

natt*. » a C'en est fait, s*écrie-t-il un peu plus loin? Qui est-ce qui a fabriqué le fer qui devait porter un si grand coup? Quel démon a conduit vers Tempereur Taudacieux qui Ta frappé et a dirigé la pointe vers son flanc? Ah! ce n'est point son génie qui Ta perdu, c'est l'excès de son ardeur à courir de toutes parts pour exciter la paresse de son armée! Lui, il ne pensait point à son corps; mais Vénus ou Minerve, comment n'ont-elles point songé à enlever le trait de sa blessure» elles qui autrefois ont bien su secourir, r.une Ménélas, l'autre Paris, cet homme criminel, justement immolé? Quel tumulte s'est élevé alors dans le ciel? Qui s'est levé pour accuser Mars, comme jadis fit Neptune^?... Pleurons-le tous, philosophes ! pleurons le seul homme dont le génie sut pénétrer tous les secrets de Platon ! Orateurs, pleurons celui qui excellait à parler lui-même et à apprécier la parole des autres. . . 0 malheureux paysans, qui allei être la pàlure des exacleurs! Malheureux magistrats, dont toute la vertu s'évanouit! Gémissements des pauvres,que vous ébranlerez désormais inutilement les airs! Pleurez, légions de soldais, vous perdez un roi qui vivait comme l'un de vous!... Mais respirez à l'aise, ô Celtes; Scythes, faites des chœurs de joie ; Sarmales, chantei l'hymne de Péan! Votre joug est levé, et vos cous sont libres désormais... 0 le meilleur des souverains, tu méditais de grandes choses, et tu m'avais choisi pour les

i. Liban., Or. 9, p. 252, 253.

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