IV. 3t
riiifinie variété de ses symboles, à la sublililé de ses dislinctioiis métaphysiques. Sous le vèteraeiU des catéchumènes, elle garde Tair el racceril de Técole. Mais considéré dans son rôle politique, l'Arianisme n*est qu*une transformation du vieux despotisme romain qui, désespérant d'écraser TÉglise, consent à s*allier avec elle, en se promettant de l'asservir. Il marche environné de licteurs, il aime le faste des cours ; il dogmatise par voie de fornHile juridique et d'édit impérial ; il a le geste et le ton du préleur romain. Arius, c'est Porphyre qui s'est fait prêtre pour pénétrer dans le sanctuaire. Constance, c'est Dioclétien qui consent à recevoir le baptême pour demeurer souverain pontife.
L'ennemi, ainsi déguisé, est plus dangereux ; mais à l'épreuve, il se trouve bientôt également frappé d'impuissance. Un homme le démasque, et, en le nommant, le fait évanouir. Alhanase sauve des pièges de la cour et de récole la pureté du dogme et l'indépendanco ecclésiastique. Au plus fort de ce connil, qui n'emploie pas moins d'un quart de siècle, un auxiliaire inattendu lui esleuvoyé. Julien lui vient en aide en donnant l'alarme à tous les chrétiens et en réunissant contre un péril commun tous ceux qu'égarait la science ou qu'enivrait la prospérité.
Alors le dessein de Dieu sur le monde peut être repris sans interruption ; de toutes parts des ouvriers vont s'élever pour y travailler. Déjà un essaim de génies originaux el puissants sont nés dans l'Église, el vont faire
lion a Rome vieillie d'une littérature nouvelle, supérieure par la pensée, sinon pnr la forme à sa grande école classique. Sous le souffle de leurs inspirations, le christianisme achèvera de s'insinuer dans tous les pores, de circuler dans toutes les veines de la société romaine. En même temps, Tempire ébranlé trouvera pour la dernière fois un capitaine habile et ferme pour lui confier sa destinée ; et cette main un peu rude, par un procédé sommaire que l'Église n'avait jamais réclamé, transformera tous les dogmes en articles de code et prêtera à l'Hvangile entier force de loi. Le monde ainsi renouvelé dans sa substance intime, autant que dans sa forme extérieure , tout imbu et tout armé de christianisme, pourra désormais attendre sans trop d'effroi l'invasion menaçante du flot des Barbares. C'est le dernier tableau qui va se dérouler devant nos yeux et qui complétera cette histoire.