Soz., n, 9, 10 et 8uiv
«. 846 ap. J.-C. — 0. G. 1099. — Indiction, IV. — Constantius IV et Ccmsians III coss. — 847 ap. J.-G. — U.C. 1100. — ludiction v. — Rutans et Ensebius ooss
S. 348 ap. J.-C.; U. G. 1101. — Indiction vi. — Philippus et Flayios
supérieure à la sienne. Les Perses traver^èrenl donc sur trois points le fleuve qui servait de frontière à l'em* pire, et vinrent former un camp retranché dans une plaine de Mésopotamie, voisine de la ville et de la montagne de Singare. Les Romains, ne pouvant éviter plus longtemps la bataille, s'avancèrent pour les déposter. Sapor, usant alors de stratagème, laissa sur les remparts du camp et sur les collines avoisinantes la plupart de ses gens de trait, rangea sa grosse cavalerie devant le camp même, et ne vint au-devant de Te»* nemi qu'avec la moindre partie de ses forces. Un premier engagement eut lien, mollement soutenu parlée Romains qui soupçonnaient quelque picge. Mois Sapor, se faisant élever sur les boucliers de ses soldats, pour mesurer la profondeur des colonnes romaines, et feignant d*ètre épouvanté de ce qu'il apercevait, donna précipitamment le signal de la fuite. Le mouvement fut exécuté avec une terreur si bien jouée et qui devint et promptement communicative dans tous les rangs» que les Romains, jusque là en défiance, perdirent toute prudence. Ils se lancèrent à la suite de leurs ennemifl^ sans écouter les conseils de quelques généraux mieux avisés^ et de Constance lui-même, qui leur montrait van nement du doigt les archers retranchés sur les hauteurs. Au premier moment, l'élan des Romains fut tel qu'ils emportèrent d'assaut le camp des Perses, entrèrent dans la tente du roi et s'emparèrent de son jeune fds, qu'ils mirent à mort sur-le-champ, dans un crue!
emportement. Sapor, sans se laisser émouvoir, les laissa faire main-basse sur loutes les richesses du camp; et ce ne fut que quelques heures après que, profitant de la nuit qui s'avançait et de la fptigue des pillards, accrue par Textréme chaleur du jour et de la saison, il revint à la charge subitement avec ses archers, et jeta toute Farmée romaine dans une déroule inaltendue. Ce fut, au dire des historiens, le plus grand avantage que les Perses eussent remporté sur les aigles romaines depuis Crassus et Yalérien. Constance y perdit ses meilleurs généraux. Le succès avait pourtant été si chèrement acheté, que Sapor crut devoir s'en contenter, et repassa rapidement la rivière, en rorhpant les ponts derrière lui. Il laissa à Tempire près de dix-huit mois de relâche *.
Ce ne fut en effet que vers la fin de Tannée 349 *, qu'il j^^ revint mettre pour la troisième fois le siège devant Nisibe. Il avait fait appel, dans celte cnmpagne, à tous ses alliés, el soulevé même le fond de TOrienl contre la puissance romaine. Des rois des Indes raccompagnaient,
1. Liban , Or. 8, p. 1Î3 et suiv. — Jiil., Or. i, p. 40 et suiv. — Ces deux récits ne coDcordeot pas en tout point, et t<^i]s les deux étant tirés des panégyriques de l'empereur vivant, ne sont probablemeut pas rigoureusement conformes à la vérité. ^ Julien croit que la faite de Saj or fut Teffet, non d'un pipg<*, mais d'une terreur véritible. n atténue aussi beaucoup les résultits de Téobec, mais Amm'en Maroellin, qui ne faisait point de pan(''gyrique, s*cxpiime bien pins nettement : i>]ngaram, dit-il, ubi acerrime illa nocturna concertatione pugnatum «-st, nostrorum copiis ingenti stiage c>ntossJs (iviii, 5).
î. 349 ap. J.-G. ; U. C. 1102— Indiction vi. — LimeniusetCatilinus coss.
montés sur des éléphanls, et suivis d*une infinité de machines de guerre, plus ingénieuses et plus compliquées que toutes celles qu'on avait vues jusqu'alors*. Une foule immense de femmes, d*esclâves, de domestiques» des familles enlières avec leurs vieillards et leurs enfants, suivaient l'armée et donnaient à rexpédition l'apparence d'une véritable invasion*. La ville avait pour gouverneur un officiir distingué, du nom de Lucilien, dont le gendre Jovien fut plus tard empereur. Mais sa véritable défense, c'était l'ardeur et les prières de son évéque. Jacques, à la nouvelle de l'approche des ennemis, avait rassemblé les habitants, veillé à la distribution des armes et à la défense des fortifications, assigné à chacun son poste, et, toutes les précautions ainsi prises, il était allé se mettre en prières dans son église, et ne cessait ses oraisons ni jour ni nuit.
A coté de lui, partageant ses préoccupations, ses veilles et ses prières, et agissant plus efficacement peutêtre encore sur l'imagination populaire, se trouvait un diacre de Syrie, du nom d'Ephrem ou d'Ephraîm, déjà connu par l'austérité de sa vie, l'ardeur de sa piété, et un don naturel d'éloquence. Ephrem, bien que pieusement
1. Chron. Alex., Boaae, 1832, p. 536. — Amm. Marc, xxv, 8, 9. — Théodoret, Hist. eccl , ii, 26. Cest d'après la chronique alexandrins que nous plaçons à cette date le troisième siège de Nisibe. Zosime le met à la fiu du rogne de Constance, et Théodoret presque aussitôt apièi la mort de Constantin. Co;iimo il y eut plusieurs sièges de Nisibe, la confusion des détails est inévitable.