Soc., m, 1. — Soz., V, 2. — Liban., Or., 10, p. Î
explicite. En renvoyant à Nicomcdie, on lui avait trèssoigneusement recommandé de ne pas suivre les leçons du fameux paien Libanius S dont la renommée, on l'a vu, remplissait tout l'Orient. Non -seulement il s'était scrupuleusement conformé à cette interdiction, mais on l'avait vu assister avec assiduité aux leçons d'un rhéteur peu habile , qui ne devait sa place qu'à la faveur de l'empereur, et cette (aveur elle-même qu'à ses invectives constantes contre les dieux des païens. Puis, bien qu'il fût en correspondance familière et amicale avec les rhéteurs principaux des villes d'Asie-Mineure, bien qu'il leur envoyât souvent à corriger ses essais d'éloquence, le sujet de ces lettres comme de ces exercices oratoires était si frivole qu'il n'y aurait vraiment pas eu moyen d'en prendre ombrage. Un jour c'était un panier de cent figues qu'il envoyait à l'un d'eux, et à cette occasion il exaltait le mérite du fruit du Gguicr et la vertu du nombre cent; une autre ampIiGcation traitait de l'écho et deses rapports avec l'amitié. Le surveillant le plus ombrageux ne pouvait prendre de telles futilités en mauvaise part, «t l'on voit même, par une lettre que nous possédons^, «que Constance, heureux sans doute de savoir le jeune étu-
i. Lil)an., Or., 10, p. Î63, 264. — Soc. — Soz , loc. cit.
i. Jul., Epist., Yiii, XIX, xxiT, Liv.— Nous suivons pour la citation
«les lettres de Julien l'édition de Spanheim ( qui est la plus complète
^am cette partie) tandis que pour ses discours la numération des
'Sas^ est empruntée à Tédition de Paris, 1630. La chronologie des
lettres nous i>araU avoir été très-heureusement déterminée par M. Des-
jardius, dans sa thèse sur Julien (Paris, 1845), d'après les indications
de réditeur allemand Uegler.
diant ainsi occupe, l'encourageait en lui désignant parfois lui-même le sujet de ses discours, et l'avait entre autres choses^ chargé de louer les beautés de Constantinople. A la vérité, dans les dernières années du règne de Gallus^ il avait pris un peu plus de liberté. Il avait parcouru TAsie-Mineure, et à Pergame comme à Éphèse il avait fréquenté les philosophes de la secte alexandrine, i£desius,ChrysantheetMaxime. Il s'était fait instruire de leurs systèmes, avait paru goûter leurs leçons, s'était habillé à leur moJe, et avait même laissé pousser- sa barbe*. Mais, sur le premier indice de mécontentement venu de Milan, il avait à l'instant changé de conduite, et on l'avait vu reparaître à l'église, rasé^ vêtu en moine, et reprenant avec assiduité l'office de lecteur des saintes Écritures, qu'on lui avait enseigné à remplir dès sa jeunesse ^. Pour s'assurer tout à fait de son esprit, Gallus qui, malgré ses vices^ était zélé pour la religion, chrétienne, lui avait envoyé un prêtre de sa cour, afin. de l'interroger et de l'examiner sur sa foi. Ce prêtre, ài. son retour, avait rendu le meilleur compte de son enquête, ayant trouvé le jeune prince assidu à Téglise et aux tombeaux de tous les martyrs. Il est vrai que c'était un nommé Aétius, grand Arien lui-même ef médiocre garant de la foi d'autrui ^.
1. Soc.; Soz., /oc. cit.— Liban., Or , 10, p. 265. — Eunape, Vit. soph.f Maxim., p. 474.
2 Soc, Soz. ; Liban., foc. cit.