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nulle iolimité, ik)uvait donc régner dans ces entretiens. Dans les vastes plaines de lart et de la science, sous la poétique lumière de la Grèce, ces deux sources, Tune déjà chargée d'un limon fangeux, Tautre gardant sa pureté native, pouvaient se rapprocher un instant sans mêler leurs ondes ' .
Quelques mois s'étaient écoulés dans ces occupations diverses, lorsque soudain un ordre impérial vint mander de nouveau Julien à Milan. Quel était le motif de cet appel? Était-ce la mort, était-ce lu couronne qu'on lui destinait? Avec les incertitudes et les caprices subits, habituels à Conslance, on pouvait faire à peu près également Tune et Tautre supposition. Au bout de peu de jours cependant, Julion apprit, à n'en pouvoir douter, qu'il marchait au trône et noii au supplice ^.
Constance, en effet, maître du pouvoir suprême, se
trouvait de nouveau incapable de le porter. Sa faiblesse
cédait sous le poids dont s*était chargée son ambition.
hes embarras naissaient sous ses pas, de l'étendue
ii[)éme de son empire, sans compter ceux qu'il s*élait
itnposés lui-même par ses violences. Pendant que tout
l*Orient commençait à s'agiter convulsivement sous
l'étreinte d'une persécution cruelle dont nous devrons
l^ientôt décrire toutes les horreurs, la barrière de l'Oc-
1. s. Greg. Nar.., loc. ci/. — S. Bas.. Epi^ft, 40 et 4i. C'est la corre^fiOiulance de Julieo et de saial Basile. Il y rappelle à Julieo le temps où ils étudiaient les lettres sacrées eusc-uibli*.
1 Ainm. Marc., xv, 8. — Jul., ad Aihen.^ p. 503.
eident fléchissait sous la niasse des tribus l>arbares. Déjà, dans l'année qui avait précédé le concile de Milan, il avait dû lui-mcmc passer le Rhin, au-dessus de Baie» pour réprimer les incursions de deux chefs allemands, Vadomaire et (iondomade. A son approche, ils avaient aussitôt demandé la paix, et l'avaient obtenue, grâce à
la protection de leurs compatriotes, qui servaient en qualité d^offlciers dans Tarmée romaine, et grâce sans doule aussi au peu de goiU que le souverain avait pour les rencontres un peu vives*. De nouvelles attaques, Tailes sur un autre point dans Tannée suivante, avaient amené de nouveaux engagements, où Constance, représenté par ses généraux, avait remporté de médiocres a\iinlages dont il avait fait beaucoup de bruit ^. Mais il savait à ({uui s'e'ïi tenir sur ces prétendues victoires, et il n'apercevait pas sans effroi la perspective d'avoir à peu pn*s c^liaque année de pareils lauriers h cueillir. Puis il s'embarrassait lui-même dans la complication de ses précautions et de ses méfiances. Il avait encouragé tous ceux qui ra[)proebaionl h la délation. C'était, parmi les généraux et les courtisans, à qui dénoncerait le premier ses collègues. Le général qui commandait en (îaule, Sylvain (fils d'un Franc, Bonitus, qui avait été
1. Ainm. Maiv., xiv, lu. Il prête à Constance un discoui's tenu à ses troupes, où ce st'iitiuiuut est iiês-évidtiit. Nous ne rappoitous i)as ea P'uèral les «liscours «rAuiiiiien, (pii ne présentent pas de caractère trautln'Uticitf'^ O; sont évidrninieut des études oraioii es d'après Tacite • t Titi'-Live; mais il peut y avoir parfois quelque fonds de vérité.
i. A mm. Marc., xv, 4.
ami et allié fidèle de Constantin], homme de mœurs pures, qui jouissait de l*estime universelle, et dont la défection avant la bataille de Murse avait puissaminent contribué à faire pencher la balance du côté de Constance, se vit ainsi accuse de révolte par un de ses employés qui avait produit contre lui des pièces fausses. Mandé à la cour pour répondre à ces dénonciations, Sylvain, qui était innocent, mais qui connaissait le caractère ombrageux de Constance, se crut perdu, et eut même un instanl l*idée d*aller chercher un refuge chez les barbares, ses parents et les compatriotes de son père. Le désespoir lui fit prendre enfin précisément le parti qu^on lui avait faussement imputé ; il réunit ses troupes, et se fit proclamer Auguste. Cette nouvelle arriva à Milan, au moment même où, par la maladresse deTaccusateur, la fausseté de Timputalion venait d*étre démontrée. Sylvain, que Ton avait cru coupable pendant qu'il était innocent, se trouvait donc criminel au moinentméme où il était justifié. On fît partir contre lui ®D grande hâte le maitre de la cavalerie, Urficin, qui, s inspirant des habiludes perfides de Constance, demanda une entrevue au révolté sous prétexte de lui faire lui- "^^Dïe sa soumission, le fit ainsi tomber dans un piège, P"*sle mil à mort sans jugement «.
^^^tîbauflburée n'avait duré que vingt-huit jours; °^^ïs elle avait suffi pour frapper de terreur Timagi-
*• Amm. Marc., xv, 5. — Aurel. Vict., De Cœs., 42; Epist. 4î. — J^-, ad Athen,, p. 503. — Zon., xiii, 9. — Eutr., x, la.
nalion de Coiislance. Elle avait mis aussi l)eaucoup d< désordre dans l*armée des Gaules, et les barbares 6i profitaient. Zosime compte jusqu'à quarante villes pillées cette année par les Francs» les Allemands et lei Saxons. De ce nombre était la grande cité de Cologne En outre, des troubles graves agitaient la ville de Home où le départ de Libère avait laissé une grande fermeH' tation '. Il Tallait prendre le parti d'agir partout énergî quement, et Constance ne se sentait pas ce courage. 1k guerre lasse, et passant d*une faiblesse à Tautre, de 11 jalousie à la paresse, il revint à l'idée de partager encon une fois Tempire. Seulement, pour ne pas se donner 1< ridicule de recommencer exactement ce qu'il avait dé truit la veille, il voulut faire le partage sur des base diiïérentes. Il avait donné TOrient et gardé TOccident cette fois le péril était en Gaule; c'était là qu*il enverrai son collègue, et il se chargerait lui-même de faire cessai en Asie le désordre n'ligi<»ux qu'il y avait mis.
Le parti une fois pris, le choix était indiqué; cari n*y avait plus qu*un seul membre de la famille impé riale, et quant à choisir eu dehors d'elle, dans les rang) des citoyens, la fierté monarchique de Constance y ré pugnait invinciblement. Il hésita cependant quelque temps encore , ébranlé surtout par l'opposition de tou) ses conseillers, qui voyaient avec désespoir s'élever un( fortune nouvelle et une influence rivale. L*impératrio