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le fond et eoaime la masse du parti, d'autres se prése» taieot qui servaient sous te même drapeau, tout en étant animés de sentiments bien différente , et à la poursuite d* une pi us haute ambition . Ceux-là,Téritable&dépo6itaira de la doctrine d'Arius, ne s'arrêtaient point à quelques chicanes de mots; c'était toute unerévdutieit qu'ils appi»^ taient daofi les idées. La tradition des Pères , le texte des Écritures, tottt cela au fond leur importait peu. Le renom de novateurs philosophiques leur inspirait moins d*effra que d'attraiL rAria^isme n'était pour eux qu'an moyeu de mettre d'accord la foi de l'Église avec un système de métaphysique très-voisin de celui des néoplaioni* ciens d'Alexandrie. Au somniei de l'échelle des êtres, un Dieu unique, impassible, iuYisible, inconnu; l'unité des Éléates, le terme absolu de toute dialectique, l'abime et te silence des systèmes orientaux, sans rapport avec le monde et sans action sur sa durée; au-des* sous de lui le Verbe, la première des créatures, en même temps que l'intermédiaire de toute eréation; le lien de la divinité et du monde, l'organisateur de la matière; la transition du fini à l'infini, voilà le système que, moitié par voie d'interprétation des textes, moitié par déduction dialectique, ils se proposaient hardiment de substituer à ; te notion simple de la Trinité chrétienne. Arius en avait dessiné à Nicée tes premiers linéaments, au milteu ds scandale de l'assistance. Comprimée par les anathèmes de l'Église et les arrêts sévères de Constantin, atténuée, amoindrte, désavouée par son aulewr iséme, cette doc-
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trille pourtant n'avait jamais péri complètement ; elle arait toujours circulé dans Tombre, au sein de quelques écoles cachées. Enhardie par Texil du héros de Nicée, elle se produisait de nouveau au grand jour et déployait aux yeux des fidèles épouvanté» la témérité de ses conséquences.
Ainsi se dessinait une seconde fraction du même parti, d'un espnt tout opposé à la première, minorité audacieuse qui suppléait an nombre par l'activité. Elle avait trouvé récemment un chef habile dans un aventurier du nom d' Aétius , sorti des dernières classes du peuple, un de ces hommes de bas étage, mais d'esprit entreprenant, qui montent à la surface des sociétés politiques et religieuses, quand l'orage en trouble le fond. Esclave dans sa jeunesse, puis ouvrier en métaux , puis serviteur d'un médecin qui lui avait appris les éléments de son art , Aétius avait fait successivement tous les métiers et s'en tint assez longtemps à celm de son dernier maître. Pratiquant l'art de guérir, avec l'audace d'un empirique, il gagna de l'argent, vint à Antioche et se fit admettre dans des écoles de médecine, où on remarqua vite, dans les discussions, la force de ses poumons et son imperturbable faconde. Il sentit bientôt que, dans un temps où les discussions théologiques pouvaient mener à tout,*de tels talents seraient encore mieux placés dans une école de théologie; mais les premiers éléments des lettres lui manquaient. Il se mit, sans fausse honte, au service d'un maître de
grammaire, pour les apprendre; et en peu de temps il en savait assez pour entreprendre contre son professeur même une discussion sur les Écritures, où il parut avoir l'avantage. Encouragé par le succès, il étudia avec plus d'ardeur sous la direction de plusieurs prêtres et évoques ariens d'Antioche , de Tarse , et d'Anazarbe , et donna publiquement des conférences sur divers sujets. Mais un voyage à Alexandrie acheva de le consommer dans Tart de raisonner. « Ce fut là, dit saint Épiphane, qu'à l'école d'un sophistearistotélicien, travaillant du soir au matin^ il apprit la dialectique etnesongea plus qu'à expliquer par des figures logiques tout l'ordre des choses divines. » Ce fut là aussi, sur cetle terre natale du néoplatonisme et de la doctrine arienne, qu'il osa donner à son système tout son développement et en tirer des conséquences qui auraient peut-être fait reculer Arius lui-même. Dépouillant tout artifice de langage, il déclara qu'il ne pouvait exister entre le Père et le Fils, entre l'Être infini et son Verbe, non-seulement aucune unité, aucune égalité, mais pas même de similitude. Le Fils n'était pas même l'image du Père. Vainement lui objectait-on , du sein même de l'école arienne, les textes précis des Écritures, Clément d'Alexandrie, Tertullien,Origène : il répondait qu'il se moquait des autorités , et qu'il fallait tout résoudre par le raisonnement et tout réduire en syllogisme *.
1. Philost., m, 15, 16. — S. Epiph. , Hœr,, lxxvii, 2. — Soc. , n, 85. — Soz., III, 15. — S. Athan., de Syn., p. 873.
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Il s*en. fallait beaucoup assurément que la hardiesse de tels procédés fût goûtée, ou que la rigueur de telles conséquences fût admise par 1^ majorité des prélats ariens, et le scandale qu'Aélius causait parmi les fidèles donna lieu de très-bonne heure, surtout chez les schismatiques , qui se sentaient compromis, à de très* graves inquiétudes et à de très- vives récriminations. Aussi Aétius, qui s'était flatté sans doute de parvenir aux grandes dignités ecclésiastiques, ne put aller au delà du rang de diacre, que lui conféra Févêque d'Antioche, Léonce, et dont il ne put même tranquillement exercer les fonctions. Mais le désordre était grand dans toutes les églises d'Orient; toute répression sévère y était impossible, et Aétius était l'homme du monde le mieux fait pour profiter de ce relâchement. Actif, grand parleur, toujours en mouvement et en visite, de mœurs faciles lui-même et préchant aux autres une morale commode , il savait se faire bien voir des hommes influents. De retour à Antioche, il avait réussi à se mettre en grâce auprès du césar Gallus^ qui goûtait un prédicateur de sa sorte, et remployait dans des missions confidentielles; et il avait dû à cette faveur quatre ans d'un enseignement tranquille. Constance le connaissait et l'estimait moins ; mais, pour les exécutions violentes auxquelles sa politique se portait, il fallait des gens d'entreprise, déterminés, prêts à payer de leur personne, et pouvant éblouir la foule. Aétius était inappréciable dans de telles occasions. Aussi, à peine Fusurpateur Georges était-il
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arrivé à Alexandrie, qa'Aétius était accouru «à sa suite, prêt à monter sur la brèche, à prêcher, à tenir école, à attaquer de toute manière les amis et les opinions d'Athanase. Grâce à ces services précieux et à ses puissantes protections, Aétius, souvent inquiété , jamais découragé, suspect au grand nombre, mais attirant h curiosité et plaisant aux esprits afventnreux , avait pt dix années durant répandre tout haut sa doctrine, et rassembler autour de lui un groupe assez redoutable d'élèves et de partisans *.
Intentions, mobiles et croyances, tout différait donc, on le voit, entre les deux nuances de chrétiens qui pom^ tant marchaient unies , depuis trente ans déjà, sous in bannières deTÂrianisme. Ici, le goilt de la paix poussi jusqu'à Tabanddn de la vérité : là , l'esprit de conteDtion et Taudacedes systèmes. Ici, la terreur d'une innovation, même verbale : là, l'entreprise avouée de réformer la foi par la philosophie. A vrai dire, avec de telles divergences, une si longue union n'eût pas été possible, si entre ces deux caractères opposés ne s'étaîl placé dès Torigine un intermédiaire plus habile que l'un et plus résolu que l'autre, dont l'ascendant avait su les contenir. C'était un petit noyau de prélats amlntieux, pour qui les idées comme les croyances étaierit peu de chose, mais pour qui le pouvoir était tout. On en a vu le modèle achevé dans Eusèbe de Nicomédie -,
1. PhilosL — S. Iï)liipli. — Soc. — Soz,, iac. ciL — Théodu , fl-
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mais Toriginal avait suscité plus d'une coivie. Du jour où le goût malheureux de la race de Constantin pour les discussions théologiques avait été connu, il s'était trouvé plus d'un flatteur avide, même sous la robe sa* / cerdotale» pour recueillir précieusement le secret d'ua nouveau moyen de brigue et de puissance. Des prêtres corrompus par la faveur « des courtisans intros dans le sanctuaire, n'avaient plus considéré les débats dogmatiques que comme un moyen de servir des ipierelles de palais et des rivalités d'antichambre. Avoir un parti dans i'Ëglise et le taire prévaloir à la cour, ce fut la pensée sacrilège que plus d'un successeur des apôtres osa porter h l'autel. Dans de telles vues, et pour forger un instnnneiit de servitude, l'hérésie était commode et même nécessaire; car Terreur a des souplesses qu'ignore l'inflexible vérité. Mais il fallait une hérésie modérée, peu bruyante, point populaire, une hérésie de cour» pour ainsi dire, qui ne causât point trop de scandale au vulgairechrétien, qui n'inquiétât pas trop la conscience du prince, qui sût se contenir elle-même dans les bornes de la sagesse politique. C'était à ce pointde vue qu'Ëusèbe et ses imitateurs avaient envisagé TArianisme, et dans ce sens qu'ils l'avaient gouverné. Planant ainsi des hauteurs de leur ambition sur les deux partis qui subdivisaient le schisme ; étrangers aux scrupules des uns comme aux emportements des autres; aussi peu timorés que téméraires, ils les méprisaient également et les flattaient sucoessivement. Car ce n'était pas trop du concours de
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ces deux forces, pour tenir tête au seul adversaire qui leur parût digne à la fois et de leur estime et de leur haine 3 à cet Alhanase, aussi dédaigneux des intrigues de cour qu'habile à les pénétrer, pour qui la politique n'avait pas plus de secrets que la dialectique d'ambages , qui d'un regard lisait sous leurs masques et d'un mot flétrissait leurs ruses. C'était contre ce rocher de la foi qu'épuisaient tous leurs efforts, en Occident Ursace et Valens, en Orient les gens comme Acace, de Césarée , habile et astucieux successeur du flatteur de Constantin. Et ne perdant jamais de vue ce point de mire, tour à tour caressants et altiers, sachant menacer, céder, revenir à la charge, alarmer la confiance des faibles , contenir les exaltés , assiéger l'oreille du prince , ces excellents capitaines avaient réussi à tenir pendant un quart de siècle leurs troupes ralliées, pour marcher à l'assaut du pouvoir et à la ruine de leur ennemi.
Le temps était venu, cependant, où l'efficacité de cette politique était épuisée, et où le maintien de l'union n'était plus possible. La division intérieure, après avoir grandi longtemps en silence, devait enfin éclater. Les hardiesses chaque jour plus choquantes d'Aétius excitaient chaque jour aussi, de la part des Ariens modérés, de plus vives réclamations. Ils se sentaient entraînés, malgré eux, sur une pente qui bordait un abfme, et ne trouvaient plus aucun point d'arrêt pour se retenir. Le comble fut mis à leurs inquiétudes^ lorsque, vers le
commencement de 358 *, ils apprirent coup sur coup que a. d. le siège primatial d'Antioche, vacant par la mort de ^^' Léonce, était tombé, par suite d'intrigues et de violences, entre les mains d'un ami et d'un soutien connu d'Aétius, Eudoxe, évêque de Germanicie ; et que le premier acte du nouveau pontife avait été de mander son confident auprès de lui, et de promulguer en Orient la formule même de foi qu'on venait défaire signer à Osius, à Sirmium. Cette formule, si explicite sur l'inégalité des deux personnes de la Trinité, acceptée avec tant d'ém* pressement et promulguée avec tant d'emphase, devenait par là comme le symbole de la nouvelle doctrine philosophique , et elle apparaissait revêtue de l'assentiment de l'empereur et de l'adhésion d'un des plus illustres confesseurs de Nicée. On disait même qu'on là portait au pape Libère, et qu'il allait y apposer sa signature \ Le péril de la foi était donc imminent, même pour les yeux les plus aveuglés. Les modérés sentirent enfin qu'il était temps de s'arrêter dans une telle voie.
Le signal fut donné par quelques prêtres d'Antioche qui s'étaient opposés aux desseins d'Eudoxe, et qu'il avait chassés de son Église. Ils allèrent trouver Georges de Laodicée, et celui-ci, prenant l'alarme à l'instant.
1. A. D. 358. — Indictio. i. — U. "> 1110. — Datianns et Cercalis.
Coss.
2 Soc, II, 37. — Soz., IV, 12, 13, 15. — Théod., ii, 25. — La datft
de rélévation d'Eudoxe au siège d'Antioche est déterminé^ par ce fait, qu'il était auprès de l'empereur, à Rome, au moment de la mort dft son prédécesseur Léonce. — Philost., it, 4, 6.