‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 18 sur 137 · III · texte numérisé non relu

III

nion , la ville de Sardique placée sur Textrême limite des deux empires, à égale distance, par conséquent, des deux Églises».

A. D. Les évêques, principalement ceux qiri étaient attachés

à la foi orthodoxe , se rendirent à l'appel avec empressement. On crut un instant qu'on allait voir le retour des scènes imposantes de Nicée. Plus de deux cents évêques, appartenant à trenle-cinq provinces différentes, )rrivèrent en peu de temps de divers côtés. Il y en avait . ie tous les pays, depuis les provinces reculées d'Espagne «isqu'aux extrêmes limites de l'Asie 2. On retrouvait, à a tête de cette nouvelle phalange, le même Osius de

1. A. D. 348. — lûdictio. i. — U. C. 1096.— Placidus et Romulus. Coss. — Nous i;laç*.ns à cette date le concile de Sardique, de concert avec le nouvel historien des conciles, Hefele (vol. i, p. 514), et contrairement aux indications de Socrate (ii, 20) etd(i Sozoniène (ui, 12), qui rapportent le même fait au consulat de Rufinet d'Eusèlie et à la onzième année après la mort de Constantin, c'est-à-dire à Tannée 847. Les raisous qui ont déterminé Hefele et qui me décident à le suivre sont conoluantes. Il résulte en effet du récit d'Athanase qu(^ son ntoui à Alexandrie eut lieu deux ans environ après le concile de Saii.ique: or, ce retour est fixé, par les lettres pasch;des nouvelb'inent découvertes, à la lin de Tannée 343 au plus tard, puisque Ton y voi^ déjà saint Athanase piésidant au carême de 346. On est donc rep'.nté foi cément en arrièie jusqu'à Tannée 343. Ce résultat avait déjà été pressenti par le chronologiste Mansi, d'après un tragment d'une vieille chronique découvert à Vérone parle savîint Maffei. Les lettres paschales ne laissent plus d'incertitude sur Terreur de Socrate et de Sozoni«''n('. La chronologie nouvelle se trouve d'ailleurs d'accord avec une indication de la clironiquo de saint Jérôme qu'on n'avait pas pu expliquer jusqu'ici, et qui rapporte le retour d'Aliianase à la dixième année de l'empereur (lonr^tanof, c'osxvdire 346 (Conf. Wetzer, Restit, chronoL, p. 17 et suiv.).

2. rM.c., H, 50. — Soz., III, 12. — S. Athan,, Apol,, p. 720, 767, 768; ad Sol,, p. 818. — S. Hil., Fragm., p. 1290.

Cordoue qui avait présidé à Nicée et qui allait, cette fois encore , avec les prêtres Archidame et Philoxène, représenter le siège de Rome à la tête de l'Église universelle. Jules s'était excusé de paraître, retenu par les besoins de son église*. L'évêque de Sardique lui-même. Protogène, ne marchait qu'après cette députalion du premier siège du monde. Comme à Nicée aussi , on voyait des martyrs ; mais ce n'étaient plus les hôros de la persécution païenne : c'étaient les victimes des luttes intestines de l'Église. Les troupeaux, privés de leurs pasteurs et dépouillés de leurs sanctuaires par la violence des Eusébiens, avaient envoyé leurs députés charges de lettres racontant leur oppression et leurs misères avec des détails qui faisaient circuler dans tous les rangs de l'assemblée un frémissement d'indignation douloureuse. On se passait de main en main des chaînes de fer et des instruments de torture, apportés comme de saisissants témoignages de l'oppression que des chi étiens faisaient subir à des chrétiens pour la cause de la vé-

1. s. Athan., ApoL, p. 767. — S. Hil., Fragm.y ioc, cit. — La présidence du concile paraît avoir eucore été ici réservée à Osius de Cordoue, puisqu'il signe avec les légats du pape dans la lettre syiio.lale du ooncile, etc. SozomèDe (m, là) donne aux évèques orthodoxes c.' nom : (cî dcp^t Tov Ôffiov;, ceux qui étaient avec Osius. Le concile s'étant là'aillen» si fortement prononcé, comme on va le voir, dans lo sens de la primauté de Rome, U est évident qu'Osius ne pouvait ].ioii:lre le pas sur tous les évè(]ues qu'en raison de cette primauté.

On voit par un mot de saint Athanase {Apol.,^. 676) qu'Osius, avant le concile, avait eu une entrevue avec Athanase, en Gaule, où probablement ce prélat fit un voyage entre son entrevue à WjèX^di avec Constance et sa venue à Sardique.

rité^ Un mouvement très-prononcé d'opinion se déclara donc aussitôt dans la réunion, avant même qu'elle iijit constituée, en faveur d'Athanase et de ses amis.

Le groupe des prélats eusébiens (auxquels on conti*nuait à donner ce nom malgré la disparition du chef qui les avait conduits si longtemps) fut plus lent à se! mouvoir. Ils témoignèrent même au premier moment une grande répugnance à partir. A quoi bon» disaientils, un tel déplacement? Pourquoi leur faire quitter le soin de leurs ouailles et la prédication de la doctrine évangélique? Pourquoi imposer à des vieillards chargés d'années les fatigues d'un si long voyage^? Il fallut pourtant se décider à partir, car on ne pouvait mécontenter à la fois les deux empereurs. Ils firent route ensemble, au nombre de soixante-seize ou quatre-vingts, s'avançantà très-petites journées, se concertant dans chaque ville sur toutes les nouvelles qu'ils recevaient et dont Tapparence ne leur était guère favorable. Ils avaient grand soin, surtout, de ne point se séparer les uns des autres, et exerçaient même une intimidation assez violente sur ceux qui paraissaient trouver leur société compromettante et auraient désiré s'en écarter^. Us avaient d'ailleurs emmené, comme compagnons de route, le comte Musonien et un général du nom d'Hésyque ; car ils ne se sentaient jamais tout à

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