‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 17 sur 137 · Soc, II, 12. — Soz., III, 7. — S. iihan., 4]>o{., p · texte numérisé non relu

Soc, II, 12. — Soz., III, 7. — S. iihan., 4]>o{., p

ATËÀNÀSl A ROME. 63

Nicée , Maris de Chalcédoine, Théodore d'Héraclée, qui ne se souciaient nullement de garder à leur tète un ami d'Athanase. Ils firent donc choix d'un diacre nommé Macédonius , dont les mœurs étaient bonnes, mais dont Tesprit d'intrigue était connu, et le consacrèrent à la hâte dans une église nouvelle dont la construction était à peine achevée. Deux évoques se trouvant ainsi en conflit d'altribulions dans l'enceinte de la même ville, leur rivalité fut le signal d'un très-violent désordre. Le maître de la cavalerie, Hermogène, devançant l'assentiment de Constance, se hâta de prêter main-forle à Macédonius. La population entière, indignée de cette préférence , entra en révolte. On mit le feu au palais d'Hermogène, on s'empara de sa personne et on le traîna tout meurtri par les rues de Çonslantinople, jusqu'à ce qu'il eût rendu le dernier soupir*.

Constance reçut à Antioche cette effroyable nouvelle. Quoiqu'il n'aimât guère à commettre sa personne en aucun genre de péril, il ne pouvait se dispenser de venir rétablir l'ordre dans sa capitale en feu. Il monta à cheval en toute hâte et se rendit à grandes journées à Constantinople. A la nouvelle de l'arrivée du souverain, la population chrétienne, qui avait pu céder à un mouvement d'emportement, mais à qui tout esprit de rébellion durable était étranger, fut saisie de terreur et de contrition. Elle sortit en foule de la ville pour venir en pleu-

i. Soc, 11, 12, 15 et 16. — Soz., lu, 3, 7. — S. Jér., Chronic, an 841. — Amm. Marc, xiv, 10.

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rant implorer le pardon de Tempereur. Heureux d'être si aisément délivré du péril, Tempereur ne se montra pas sévère. Il infligea pour châtiment à la ville la suppression de la moitié des distributions de blé ordinaires. Du reste, il ne fit perdre la vie à personne; il écouta de bonne grâce la harangue justificative qui lui fut adressée par le président du sénat, et daigna même y répondre.

i Craignant de se compromettre personnellement avec les passions populaires, il reçut assez froidement les amis de Macédonius, se plaignit qu'on ne l'eût pas consulté sur ce choix ; et, pendant le très-court séjouç qu'il fit à Conslantinople, ne voulut point se prononcer explicitement en sa faveur. Il quitta la ville , la laissant dans cette incertitude, mais donnant tout bas pour instructions au préfet du prétoire, Philippe, de le délivrer sans bruit de la présence de Paul.

Philippe exécuta ces commandements avec intelligence et résolution. Il manda Paul auprès de lui, dans un lieu public, le bain de Zeuxippe, oii ses fonctions l'appelaient pour traiter quelques affaires. Il lui fit voir secrètement Tordre de l'empereur et le somma d'y obéir. Paul reçut cette intimation avec respect, protesta qu'il était con-

. damné sans justice, mais ne voulut pas faire de résistance. De crainte que le bruit de son départ ne se répandît, on ne le laissa pas même rentrer chez lui. On perça la muraille du bain pour ouvrir une communication avec le palais qui était contigu, et par une fenêtre du palais on fit monter Paul dans un vaisseau tout préparé qui

mit à la voile sur-le-champ •• Tranquille de ce côté, Philippe, sans perdre de temps, alla chercher Macédonius, le fit monler sur son char et se présenta avec lui, escorté par un gros bataillon de soldats, sur la place publique. Les passants ouvraient les yeux de surprise, croyant voir apparaître, dit l'historien Socrate, une machine de théâtre. Avant qu'on eût eu le temps de se reconnaître, Philippe entra dans l'église, suivi d'un attroupement confus au travers duquel les soldats se Taisaient faire place à coups d'épée. En un instant Téglisc fiit pleine de gens qui se ruaient, qui se pressaient les uns sur les autres, et Tair fut rempli des effroyables cris des victimes étouffées par la foule ou frappées par les soldats. C'est dans ce cortège que Macédonius prit possession de son trône épiscopal.

De pareilles scènes, renouvelées sur divers points de l'empire et mettant tous les jours aux prises l'autorité impériale avec les populations tumultueuses des grandes villes, fatiguaient et effrayaient Constance*. Ce fut donc sans trop de répugnance qu'il entra , pour un instant, dans les vues pacificatrices de son frère, et la réunion d'un concile œcuménique fut résolue d'un commun accord entre les deux souverains. De concert avec le pape Jules, on convint de choisir, pour lieu de réu-

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