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eux avaient pensé à y joindre une nouvelle profession de foi, pour confirmer celle de Nicée; mais le concile repoussa très-vivement cette proposition et ne se jugea point digne de rien ajouter à Tœuvre de TEsprit divin proclamée par l'Église entière *.
Le concile avait raison. Impuissante à prévenir les maux de TÉglise, et même à panser ses plaies; frappée de stérilité par l'obstination rebelle d'une moitié de ses membres; decréditée de très-bonne heure dans une grande partie du monde chrétien, par les calomnies des hérétiques, la réunion de Sardique n'était pas destinée à rhonneur de prendre rang parmi ces comices universiils de rÉglise, auxquels a été promise l'infaillibilité doctrinale. On ne compte pas le concile de Sardique, malgré sa respectable autorité, parmi les conciles œcuméniques 2.
Un dernier espoir de paix restait encore; c'était d'oU. tenir de l'empereur Constance, par les sollicitations de son frère, qu'un libre cours fùl laissé aux destitutions et aux réintégrations prononcées. Constant se prêta à faire à
1. s. Athan., Epist, ad Antiochensês, p. 676. — Le texte cité par c« saint est si positif qu'il coudîimne absdnment, comme apocryphe, la formule de foi attribuée par les écrivains, Socrate et Sozomène, au
concile de Sardique.
2. La question de savoir si le concile de Sardique doit être tenu pour œcuménique, a été souvent agitée. On peut lire à ce sujet Baronius {Afm. 347, §47) qui incUne à reconnaître l'oBCuménicité; Tillemont (S. Àthanase, note 71), qui laisse la question dans le doute; Hefele (Cùncilien-Geschichte, t. 1, p. 696 et suiy., et aussi p. 66 et 51 ). La grande majorité des canonistes a conclu contre Vœcuménicité.
ur. •
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ce sujet un dernier effort, n envoya en députation à son frère deux évêqjues, Vincent de Capoue et Euphrate de Cologne, accompagnés d'un de ses généraux, Salien» chrétien fervent et distingué. H les chargea d'une lettre très-pressante, qui contenait même, à ce qu'on pense, quelques menaces derecoBrir à la force, si on méprisait sa prière *.
A. D. Les députés , mxi arrivèrent à Antioche "vers les fêtes
de Pâques 344 *, trouvèrent Constance assez soucieux des troubles de son empire. Il était surtout fort inquiet de la guerre des Perses, qui s'envenimait tous les Jours depuis que le ;roi Sapor II, parvenu à l'âge d'homme, avait pris les rênes de son gouvernement et d^pioyait à la fois les plus brillantes qualités militaires et la plus violente haine oontre la vieille gloire et la nouvelle religion de Rome. Une guerre avec son frère «bt été un embarras très--granâ, que Constance n'avait Bul désir de s'imposer, €* il 'se montra très-manifestement enclin à chercher quelque moyen terme pour satisfaire les désir -ée tout rOccîéewt^ «ans se rétracter
ouvertement. Cette disposition pacifique fut assez visible pour causer une véritable alarme aux prélats eusébiens , et tse fct alors que le besoin de raflferaair leur faveur et leur popularité chancelantes leur inspira
t. s. AthaiL, ad ^o/., p. 8Si. — Soc.^ «^ Si.— Soz.^ iu« iO. -« théod^ u, 8. — PMost^ iH, 12. — fiiifin^, i, la.
S. A« D. a44. ^ Xndictio. JL * U. G. 1007. — LfiDQtias et Sanos- Hus. Coss.
ATHANASB A ROME. 83
un artifice d'une nature à la fois si odieuse et si bizarre, qu'il serait difficile d'y ajouter foi, si le témoignage contemporain et toujours véridique d'Alhanase n'était là • pour l'attester.
Ils résolurent de perdre de réputation les éyéques occidentaux auxquels Constant arait confié ses pouvoirs, et que leur caractère d'ambassadeurs défendait contre toute violence directe. L'évêque schismatique d'Antioche, Etienne, successeur d'Euphrone, imagina donc de s'adresser à un jeune débauché de la Tille, du nom d'Onagre, et de l'engager à introduire de nuit une femme perdue dans le logis des deux évêques. Onagre se prêta à l'artifice, fit marché avec une courtisane au nom de deux étrangers qu*il ne nomma pas, gagna Tun des serviteurs des évêques, et, la nuit venue, la femme fut subrepticement conduite jusqu'à la porte de la chambre où couchait Euphrate de Cologne. La maison était isolée, et un peu en dehors de la ville, au pied de la montagne. Dans les buissons qui l'environnaient on eut soin de cacher des hommes apostés, prêts à accourir au moindre bruit. La courtisane approcha demi-vèlue de la couche où Euphrate reposait paisiblement dans un premier sommeil. A la vue de ce vieillard endormi et des insignes sacerdotaux épars dans la chambre, elle fut sait sie d'effroi et poussa un grand cri. L'évêque, de soa côté, se réveilla en sursaut dans un vif mouvement de surprise, puis de colère. Au bruit de leur dialogue entrecoupé, les témoins subornés accoururent; Onagre
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lui-même entra comme survenant par hasard, et, élevant la voix, invita tous les voisins à venir contempler le scandale donné par les envoyés d'Athanaseet les missionnaires de l'Occident*.
Mais les évêques calomniés et le général Salien qiÉ les accompagnait ne perdirent pas leur sang-froid. OFi. donnant de fermer la cour et de faire main basse sif les témoins prétendus, Salien, qui avait pénétré le piège, se rendit directement chez Tempereur et demanda une enquête publique. Cette hardiesse déconcerta Tévêque Etienne, qui était accouru aussi au bruit de la nouvelle et se mettait déjà à l'œuvre pour en tirer parti. Il s'efforça timidement de représenter à Constance le scandale fâcheux qui naîtrait d'un procès intenté contre les membres éminents du clergé. Mais cette charité prétendue, qui fuit la lumière sous prétexte d'éviter le scandale et dissimule la calomnie pour la mieux répandre à petit bruit, ne convenait pas à Tinnocence des évêques. Ils insistèrent pour une interrogation ouverte et une confrontation publique des témoins. Leprocès eut donc lieu dans le palais même, et là, d'un commun aveu, la courtisane et les témoins, pressés de questions, désignèrent Onagre comme l'auteur de toute la fraude, dont celui-ci à son tour se déchargea sur l'évêque Etienne. Etienne, couvert de confusion, sentit presque de lui-même qu'il ne pouvait plus paraître à la tète du siège métropolitail
t. s. Athan. — Thâod.. lac. ci*.
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d'Antioche. Sur Tordre de Constance, très-irrilc; qu'on eût voulu le faire tomber dans un tel piège, il fut déposé de sa charge ; mais on eut soin de le remplacer par l'eunuque Léonce de Plirygie, prêtre scandaleux et irrégulier, sans autre titre à une telle promotion que son dévoûment aux intérêts du parti dominant*.
Avec la faveur visiblement ébranlée de Constance, es Euscbiens perdaient leur principal appui. Il fallait dcnc, de gré ou de force, commencer à se montrer plus complaisants et plus souples, et consentir à entrer dans quelques essais d'accommodement. Une année presque entière se passa dans des pourparlers inutiles, dans des allées et venues de députations entre Milan et Antioche, dans des rédactions de formulaires de foi et do svmboles, successivement envoyés aux évêques d'Occident et toujours rejetés par eux ^. La négociation tirait en longueur, et c'était probablement tout ce que désiraient les Eusébiens, quand une nouvelle imprévue d'Alexandrie vint olTrir à Constance l'occasion qu'il cherchait de se tirer d'embarras et de consommer à tout prix une réconciliation dont son orgueil souffrait, mais dont sa politique avait momentanément besoin.
La suite du pontificat improvisé de Grégoire à Alexan-