‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 26 sur 137 · S. Atlian., ibid.^ p. 499, 500; —o^ Sol.^ p. 8I · texte numérisé non relu

S. Atlian., ibid.^ p. 499, 500; —o^ Sol.^ p. 8I

3. A. D. 345. — Indictio. m. — U. C. 1098. — Amantins et Albinus. Coss. — Cette date est déterminée par la première lettre pastorale d'Athanase après son retour, laqueUe est de 346. Cependant Théodoret (n, 4) dit que Grégoire gouverna six aos le. diocèse d'Alexandrie, tandis qu'à ce compte, on n'en trouve que cinq.

qui étaient un trait héréditaire de la racé de Constantin et qui rendaient auprès de cette royale famille le métier de courtisan si difficile, il prit le parti de satisfaire son frère par le rappel d'Athanase ; et cette détermination, qui tomba sur les Eusébiens comme un coup de foudre, fut aussilôt exécutée.

c( Noire humanité ne peui souffrir, lui écrivit-il surle-champ de sa propre main, avec plus de courtoisie que de sincérité, que vous soyez plus longtemps le Jouet des

ondes furieuses de la tempête, et noire infatigable piété ne peut vous laisser ainsi chassé de votre foyer paternel, dépouillé de vos biens et errant dans des lieux

sauvages. Et j'ai différé Jusqu'ici devons écrire ma pensée, parce que J'espérais que de vous-même vous viendriez me trouver et chercher auprès de moi le remède de vos maux. Mais comme la crainte vous retient peutêtre, j'envoie à voire constance ces lettres en témoignage de noire munificence, afin que vous vous présentiez sans crainte, dans le plus court délai, à nos yeux, et qu'ensuiie vous puissiez être rendu h votre patrie. J'ai donc écrit à votre sujet à mon frère et seigneur Constant, vainqueur et Auguste, afin qu'il vous donne hberté de partir, et que, par notre consentement commun, vous retourniez dans votre patrie, et que vous gardiez ce gage de notre gratitude *. »

Cette lettre trouva Athanase à Aquilée, où il était

t. s. Athan., Apol.^ p. 769^ 770. » Soc, ii, S3«

resté paisiblement depuis la fin do concile de Sardique. Il ne se hâta point d*en profiter. Nul empressement frivole, nulle joie inconsidérée du triomphe» ne troublaient le calme de son âme. L'expérience de Tinstabilité des volontés souveraines, le pressentiment des hostilités furieuses et mal domptées qui Tattendaient en Asie, peut-être la réserve d*uue dignité blessée qui ne voulait pas servir de Jouet à un caprice impérial, le retinrent quelque temps dans sa retraite. II fallut trois lettres consécutives, dont la dernière lui fut apportée par un diacre de son église, pour le décider à se mettre en mouvement, a Enfin, dii-il, ayant reçu toutes ces lettres de l'empereur, Je me rendis à Rome pour prendre congé de cette église et de son évêque. » Les adieux furent très-tendres. L'ardente amitié de Jules se livra, dans une lettre pontificale adressée à Téglise d'Alexandrie, à des transports de joie qu'Alhanase, plus prudent, ne partageait pas. Ce devoir de reconnaissance rempli, il se rendit à Antioche, où Constance rattendait\ L'empereur le reçut afiectueusement, non sans quelque embarras pourtant; et, pour sauver un peu sa dignité compromise, il lui fit avec une bonne grâce royale une réprimande légère et railleuse sur l'obstination de son caractère*. Athanase reçut, avec autant de respect que de froideur, les reproches et les compliments;

1. s. Athan., loc, ciï., et ad, £ol., p. 823. — Soc, loc, cit. — Théod., II, 11.

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