Liban., Or. lu, p
2. De rénorme correspondance de Ldba.iius, qui ne contient pa* \ moins de quinze cents lettres, il n'y a pas d'exagération de dire qu'aa moius nn quart consiste en lettres de recommandations adressées à dflS magistrats auxquels il rappelle d'anciennes relations, soit de madti^ ' •oit de condiscipIe.^ <
TRANSFORMATION DU PAGANISME. 15i
haates régions du pouvoir. Dans les bas fonds de la société, le paganisme avait d'autres représentants dont le récit même qu'on vient de lire atteste assez rinfluence. Qu'était-ce, en effet, que ces fréquentes accusations d'enchantements et de magie, assez habituelles pour ^ reproduire de ville en ville, assez graves pour appeler au prétoire le premier magistrat d'une province? On s'imagine difficilement ce que pouvait être le crime de sorcellerie parmi les adorateurs des dieux païens. Quand on songe, en fait de ridicule mysticisme et de jonglerie divinatoire, à ce que permettait, ce qu'ordonnait même le culte légal, combien d'orgies sombres ou sanglantes se cachaient à l'ombre des temples les mieux famés, combien d'impostures se couvraient du nom de l'oracle de Delphes ou des augures de Rome, on a de la peine à comprendre que la crédulité humaine eût encore besoin de se donner carrière en dehors d'un ehamp si large. Mais une erreur définie, quelques formes variées qu'elle emprunte, est impuissante à satisfaire les aspirations de l'âme vers un monde inconnu, son impatience des limites de l'intelligence humaine, son inquiète curiosité de l'avenir. A côté de tant de religions nationales, en face de tant de superstitions privées qu'abritait le foyer domestique, il y avait toujours place, au sein de la société antique, pour les pratiques lénébreu^^es des sciences occultes. Des invocations d'esprits ou de revenants, des mots sacramentels prononcés pour conj[ureiî les mauvais sorts ou les diriger contre une victime désignée.
des phillres pour faire naîire ou troubler l'amour; des paroles enchantées pour guérir les maladies ou itttervertir le cours des astres : toutes les poésies , toutes les narrations antiques en sont pleines; Juvénal, Pétrone, Lucien, Horace et Virgile eux-mêmes nous les font trouver à chaque pas. Les quartiers reculés de toutes les villes étaient habités, toutes les campagnes étaient parcourues par des gens faisant métier de prédire l'avenir, d'annoncer à chacun sa fortune, ou de faciliter Taizcomplissement des vœux qu'on leur recommandait. Il y en avait de tous les degrés et pour toutes 1:^ les classes, depuis le mathématicien qui lisait la des- j^^ tinée dans les astres et dressait le thème natal de tout enfant nouveau-né *, jusqu'au sortilège qui interro- l^ geait le sort par de petits dés chargés de figures sym- j: boliques, et jusqu'au conjecteur qui faisait métier d'in- ^j, terpréter savamment les songes*. Puis au fond des se- jg, pulcres se cachait l'affreuse Saga, pâle, vêtue d'une j^j robe noire retroussée, les pieds nus, les cheveux épars, ^x faisant bouillir les ossements des morts, et souvent mè- ^ lant à ses préparations magiques le sang des nouveau- I m nés ou le suc de plantes vénéneuses ^. Un archéologue ft 1 vé pris plaisir à relever dans les écrivains classiques plosf 1 d( de quatre-vingts moyens de connaître l'avenir, doDt les^. 1 e1
1. Cic, de Divinatione, ii, 42, 47. — Suét., Aug., 94. DomiL, 10. — Juvén., Sat. 6, v. 579, etc., etc.