S. Athan., ApoL, p
3. Théod., II, 1. — S. Athan., ApoL, p. 728. — S. Grég. Naz., Or, XXI.
évêque un prêtre du nom de Piste. Piste. était en correspondance avec tous les prélats schismatiques d'Orient» et il ne crut point devoir céder la place à Alhanase. Telle était la faveur dont jouissaient ses protecteurs, qu'aucun ordre impérial ne vint Ty contraindre. Alhanase dut demeurer plus d*un an dans sa métropole, face à face avec son rival '.
Ce temps ne fut point perdu pour ses ennemis. Eusèbe de Nicomédie se mit à l'œuvre pour recommencer, sur nouveaux frais, exactement les mêmes trames qui lui avaient si bien réussi une première fois. AGn d'achever de tenir l'Orient sous sa loi, il mit d'abord hardiment la main sur le siège de Constanlinople. Sur un léger prétexte, sur une banale accusation de mauvaises mœurs, on décida Constance à faire déposer précipitamment révéque Paul, et Eusèbe se fit introniser violemment à sa place ^. C'était la seconde foisqu'Eusèbe donnait ainsi Texemple de quitter, par un motif d'ambition, le siège épiscopal que tous les canons l'obligeaient à garder jusqu'à la mort. Né pour vivre auprès des souverains, il lui semblait tout simple de suivre la cour partout où elle se •'transportait : sans attachement pour ses diverses églises, il n'avait de constance que dans son dévouement à la fortune.
Athanase se trouva donc ainsi de nouveau le seul
1. s. Athan., Apol., p. 743. — S. Épiph., Eœres., lxix, 8. «. Soc, n, 7. — Soz., m, 4.'— S. Athan., Apol., p. 727-744. — Théod., I, 19.
S6 ATflANASE A ROME.
grand métropolitain d'Orient, qui Jùt demeuré rigoureusement fidèle à la foi deNicée. Dans cette situation isolée, les calomnies, les imputations d'arrogance et de sédition recommencèrent à pleuvoir sur lui. Il était désigné cha^ que jour à Constance» par tous les courtisans, d'un commun accord, comme le seul homme qui empéchftt la paix religieuse de s'établir, et comme un sujet insoleijd qui disposait en maître de la population, des ressources et surtout des aumônes d'une grande province *. Constance n'était pas difficile à persuader ; mais quand on le poussait à quelque mesure un peu vive, il alléguait toujours la promesse de conciliation qu'il avait faite à ses frères. Pour lever cette objection, Eusèbe essaya de s'adresser directement aux empereurs d'Occident , auxquels lui et ses amis envoyèrent une députation^. Cette démarche, prévenue par une lettre d'Athanase, resta sans effet ; mais il ne fut probablement pas difficile aux députés de s'apercevoir que, si les maîtres de l'Occident se montraient si favorables à la foi de Nicée et à son défenseur, c'était moins encore par conviction personnelle que pour complaire aux évéques qui les entouraient. C'était donc l'Église latine qu'il fallait séduire, si l'on voulait avoir pour soi le concours de la puissance civile. Ce fut dans cette pensée que les Eusébiens imaginèrent de s'adresser à l'évéque qui à sa qualité généralement reconnue de chef suprême de l'Église joignait celle de