S. Epipli., Hœr,, lxi. — Soc. ii, 80. — Soz., it
tention*, s'était avancé Jusque dans les plaines de Pannonie, à la tète de toutes les troupes qu'il avait pu rassembler, laissant dégarnies derrière lui, par une manœuvre hardie et presque imprudente, toute la ligne du Rhin et toutes les montagnes qui séparaient l'Italie de la province de Norique. Sa confiance était telle, que, pour la première fois, dit-on, il méprisa les avis de sa mère qui lui conseillait de ne pas franchir la limite de rniyrie. Dès les premiers Jours du printemps, il envoya défier Constance au combat, dans les plaines de Siscia, sur la Save, trente lieues environ au-dessus de Sirmium. Constance à qui le rôle agressif aurait appartenu naturellement, puisqu'il avait à déposséder son rival d'un territoire usurpé, ne crut pas pouvoir se refuser à celte provocation, et s'avança vers la ville de Siscia dont la
garnison lui était restée fidèle. Mais sa marche fut bientôt arrêtée par Téchec de son avant-garde, qui tomba dans une embuscade préparée par Magnence le long du fleuve, au-dessous de la ville. Averties ainsi de la présence Tune de l'autre, les deux armées firent halte, Tune en vue de Siscia, dont la résistance durait toujours, l'autre en avant de Sirmium, dans le camp de Cibale, au lieu même où Constantin avait autrefois vaincu Licinius. Constance attachait un grand prix à ce souvenir, et désirait, avec une passion presque supersti-
1. S'il eût été païen, cependant, comme on l'a dit, il n'eût pas oblenu des évéques des Gaules le concours qui lui fut acquis, et que Constance reprocha si amèrement aux catholiques.
tieuse, combattre dans ces plaines illustrées par le triomphe de son père. Il s'y était établi sous une tente décorée avec une grande magnificence, où il déployait un luxe vraiment royal. Les champs de Pannonie étaient d'ailleurs destinés à être plus d*une fois encore témoins de ces luttes de TOccident et de l'Orient, préliminaires d'un inévitable déchirement *•
Des deux parts, cependant, il y avait plus de forfanterie que d'audace, et les deux rivaux restèrent ainsi plusieurs mois à portée l'un de l'autre, chacun cherchant à séduire l'armée de son adversaire, et à se procurer par là les profits de la victoire, sans en courir les risques. Ils échangeaient des ambassades chargées de propositions de paix dérisoires, et qui n'avaient d'autre but que de sonder les dispositions des soldats et de les solliciter à la défection. Ce fut Constance qui commença. Son député, Philippe, se rendit au camp de Magnence, en apparence pour lui offrir la cession des Gaules, en réalité pour haranguer les troupes, leur rappeler la gloire de Constantin, l'éclat de ses exploits et les droits de sa race. Ces souvenirs commençaient à produire leur effet accoutumé, lorsque Magnence, qui avait plus de ressources d'esprit que Vétranion, répliqua en opposant aux vertus du père les désordres et les fautes des fils, en insistant même, d'une façon que Zosime, Juge peu suspect en cette matière, trouve ab-
1. Zos., II, 45, 46, 48. — Jul., Or.^ i, p. 61-65. — Zon., xiii, 8. ^ Eutr., X, 12.
218 LA JEUNESSE DE JULIEli.
surde et impertinente , sur les abus qui avaient désho* noré la fin du grand règne. Appuyant sa réponse d'un bon souper offert aux officiers, et d'une large distribution d'argent foite aux soldats, il raffermit l'ardeur de ses troupes à tel point qu'il crut pouvoir en profiter pour donner l'assaut à la place de Siscia. Mais ses armes eurent moins de succès que son éloquence» et l'assaut fut repoussé*.
Ce fut alors le tour de Magnence d'essayer jusqu'où on pourrait entraîner l'humeur mobile des troupes impériales. Peu de jours après cette scène, un sénateur romain^ du nom de Titien, venait au camp de Constance tenter de débaucher ses troupes sous ses yeux. Rien n'égalait l'arrogance de son langage. Il se répandait en invectives contre Constantin et sa race, et offrait à Constance la vie en échange d'une prompte démission de la dignité impériale. Ce ton hautain ne réussit pas : on le congédia^ lui et son ambassade, sans l'écouter, et une si prompte exécution mit un terme au scandale de cette espèce de vente à l'encan essayée sur les deux moitiés de l'empire. Un seul corps de cavalerie, commandé par un officier du nom de Sylvain, passa du camp de Magnence à celui de l'empereur légitime *.
Les armes demeuraient donc le seul, le douloureux, mais après tout, l'honorable moyen de terminer le diffé*