‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 69 sur 137 · S. Hil., Und. —Sulp. Sév., loc. cit · texte numérisé non relu

S. Hil., Und. —Sulp. Sév., loc. cit

puissance effective, en abandonnant une partie du fardeau de TEmpire à son jeune parent, une âme soupçonneuse comme la sienne ne pouvait tolérer longtemps, même le moins redoutable des collègues. Jaloux et craintif, faible et tyrannique à la fois, il devait passer sa vie à céder le pouvoir et à le reprendre, tour à tour accablé par la responsabilité, et inquiet mémo de Tapparence d'un partage. Au moment de braver les grandes cités d'Asie et d'Egypte, en leur enlevant des pasteurs qu'elles chérissaient, il ne se crut pas suffisamment maître en Orient, malgré toutes les garanties qu*il avait prises, et il jugea prudent de retirer à lui l'ombre de pouvoir qu'il avait aliénée. La possibilité d'une résistance quelconque, d'une conjuration entre des mécontents, troublait son sommeil : et dans ses rêves d'ambition et de terreur, les figures si différentes pourtant de Gallus et d*Athanase, commençaient à lui apparaître comme de redoutables fantômes, dont il fallait se délivrer à tout prix.

Gallus cependant n'était pas un rival dangereux : il ne tentait rien pour usurper et faisait tout pour se perdre. Transporté brusquement de la prison au trône, il ne songeait qu'à se livrer avec une passion effrénée aux jouissances de tout genre que lui procurait le rang suprême. Ses qualités naturelles, la franchise de son caractère, la simplicité de ses manières, s'étaient rapidement altérées sous l'influence corruptrice de cette

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prospérité subite ^ Il était deyenu brutal en action et emporté en paroles. Le caprice et la colère, chez un homme qui peut tout, dégénèrent vite en cruauté. GMfa» devint cruel par laisser aller et par légèreté. Il sacrifia» pour le moindre mot, ceux qui résistaient à ses fantaisies» ti sa férocité naissante était nourrie par Thabitude pash sionnée des jeux du cirque, où il ne pouvait se rassasier de la vue du sang et du spectacle de l'agonie humaine. II avait d'ailleurs pour appui, dans toutes les affaires un peu difficiles, sa femme Constantine, plus âgée que lui, plus mûre, mais d'un naturel plus hautain et pins capable d'ambition. L'un et Tautre, par leurs vices diffé> rents, devinrent bientôt également à charge à tous leur» sujets. On riait de Tépoux; on craignait la femme. Tandis que Gallus, incapable de garder la tenue et la dignité royales, s'amusait à se promener le soir, déguisé, dans les rues d'Antioche,et,s'imaginaut qu'on ne le reconnaissait pas, malgré la clarté des luminaires qui éclairaient de toutes parts cette, grande ville, entrait dans lescabarcls pour demander ce qu'on pensait de César ; Con» stantine entretenait unepoUcQ beaucoup plus sérieuse,s& faisait rendre un compte exact des actions de chacun et pénétrait les secrets des familles. Son avidité égalait SOD goût de domination : on pouvait tout obtenir d'elle poir une bourse ou pour un joyau, soit la grâce des coupables» soit la perte des innocents. En peu de temps, le couple

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