‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 71 sur 137 · Liban., Oj\ i2, p · texte numérisé non relu

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dre comme au piège. Il commença son jeu exactement ainsi qu'il avait fait pour Athanase. Il chargea le nouveau préfet (lu prétoire, Domitien, de dire à Gallus qu'il savait son désir de venir en Italie, et l'y autorisait bien volontiers. Domitien exécuta ses instructions sans beaucoup d'adresse : il se fit annoncer avec faste, passa plusieurs jours sans aller voir le jeune César, et se borna à lui faire connaitre ses instructions par intermédiaire. Puis voyant que Gallus ne se pressait pas d'obtempérerà

cet ordre détourné, il se rendit brusquement auprès de lui : c< Partez donc, lui dit-il avec rudesse. Ne voyez-vous pas que l'empereur l'ordonne? Si vous n'obéissez pas, je vais susprendre à l'instant toutes les fournitures de votre niaison.» Gallus ne pouvait se laisser braver ouvertement par un subalterne : il donna donc ordre à sa garde de mettre le préfet aux arrêts. C'était une grande détermination, car Constance, dans le partage des attributions impériales, s'était réservé explicitement la nomination de ce haut fonctionnaire. Aussi les principaux de la cour essayèrent-ils de représenter à Gallus le danger auquel il s'exposait; ils lui demandèrent s'il était prêt, après un tel acte, à se proclamer empereur lui-même, et à briser les statues de Constance. Gallus n'avait pas tant d'audace, mais son irritation était fort grande; celle de Constantine n'était pas moindre ; et, sans former aucun projet arrêté, ils ne voulurent écouter aucune remontrance. Par un reste de précaution, cependant, et pour couvrir la hardiesse de sa résolution, Gallus fei^ait

d'avoir découvert une conspiration contre son pouvoir et sa vie, et fit appel bruyamment à la fidélité de ses gardes, qui vinrent à son aide en massacrant le prétendu coupable. Domitien périt déchiré par leurs mains. Puis, pour atténuer rhorreur et le danger d'une telle violence, on lui chercha, on lui supposa des complices, auxquels on fit un procès régulier. Âmmien Marcellin, qui assistait à rinstruction, en qualité d'aide du juge militaire, rapporte les détails de ce jugement, de manière à bien faire voir qu'il ne différa que par le nom du massacre qui l'avait précédé ^

Constance n'était assurément pas dupe de cette apparence. 11 lui convint pourtant de paraître trompé. Il ne témoigna à Gallus aucune colère, feignit même d'entrer jusqu'à un certain point dans les intérêts de sa dignité blessée, mais n'en insista que plus vivement pour le voir arriver auprès de lui, afin de l'entretenir des afiaires de l'empire. Il n'y avait pas moyen de résister à une demande si légitime, émanée d'un supérieur. Comme Gallus n'osait, ni opposer un refus positif qui eût paru insolent, ni se fier à une parole si suspecte, Constantine lui proposa de partir à sa place. Elle voulait essayer son ascendant sur son frère, et, en tous cas, sonder le terrain. Elle se mit donc en route, laissant Gallus à Antioche ; mais à mi-chemin elle fut saisie d'une fièvre pernicieuse qui l'emporta en peu de jours *.

1. Amm. Mare., xiv, 1, 9. — Hûlost., m, 27, 28. — Zon., xni, 9.

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