s. Athan., ib., p
î. S. Athan., loc. cit. "*
ie nuit, pour dérober sa fuite à la foule qui le chérisâait *. Il prit pourtant le temps de faire ses adieux à ses frères dans le sacerdoce, pensant qu'il ne rentrerait plus dans sa ville de Rome : puis il se mit en roula plutôt traîné, dit Athanase, qu'amené aux pieds de Tempereur.
Il avait été devancé au palais par un évéque de sa province, Épiclète de Centumcelles (Civila-Vecchm), qui aspirait secrètement à le remplacer, et qui se hàlait de flatter les puissants du jour. Ce fut en présence de ce rival que Constance reçut Libère. L'entrevue de ces deux hommes, sur qui se tournaient tous les regards et en qui se concentraient toutes les puissances de ce monde, fut orageuse, leur entrelien brefet saccadé. Mais, heureusement pour la nature humaine, le représentant de la vérité et le défenseur des droits de l'âme ne s'humilia pas devant le dépositaire de la force matérielle. « Puisque vous êtes chrétien, lui dit Conslance, et évoque de notre ville de Rome, je vous ai mandé pour vous faire savoir que vous ayez à rejeter de votre communion ce fou cruninel qu'on nomme Athanase. Le monde entier désire qu'il soit frappé, et une sentence synodale l'a rejeté de la communion de l'Église. » — « Les jugements ecclésiaàtiques, répondit Libère, doivent se faire en toute justice... Je ne puis condamner celui que je n'ai pas jugé. » — « Mais, reprit l'edipe-
1. Amin. Marc, xv, 7 : œgre, populi metu, qui ejas amore flagrabat, cum magna difficultate uoctis medio potuit asportaii.
reur, la terre entière est convaincue de son impiété, et il se joue de nous depuis trop longtemps. » — a Ceux qui Tont condamné, répliqua le pontife, ne savent c* qui s'est passé. Ils ont cédé à la vanité et à la crainte..... Valens et Ursace, qui le poursuivent, se sont rétractés autrefois entre ses mains. Quand ont-ils dit la vérité! aujourd'hui, quand ils Taccusent, ou bien hier, quand ils lui rendaient hommage '?
Épictète crut alors devoir intervenir, et, touchant au point sensible Forgueil impérial : a Ne croyez pas, dit-il à l'empereur, que Libère vous parle dans l'intérêt de la foi, ou pour la défense des jugements ecclésiastiques. C'est pour aller dire à Rome, parmi les sénateurs, qu'il a vu l'empereur et qu'il en a eu raison. » Cette insinuation piquait au vif l'empereur : « Et qu'êtes-vous donc, dit-il à Libère ? Faites-vous Uï» partie de la terre à vous tout seul, pour vous opposer de votre chef à ce qui doit rendre la paix au monde romain? » Libère reprit paisiblement: a Quand je serais seul, la foi n'en souffrirait pas. Il ne s'est trouvé aussi . que trois jeunes gens autrefois pour résister à un grand roi. » -r « Voyez, interrompit Épictète avec un accent de triomphe, il vous compare à Nabuchodonosor. » -T- a Non , dit Libère, mais nous ne voulons pas condamner un homme sans l'entendre. Faitos-le venir, faites assembler l'Église, et nous jugerons. » --