‹ L'Eglise et l'Empire Romain au ive siècleChapitre 83 sur 137 · Jul., ad Athen., p · texte numérisé non relu

Jul., ad Athen., p

S. Liban., t6., p. 263.

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et qu'il comblait de ses libm'aTftés, exaltaient beaucoup son mérite; et il leur arrivait de dire que ce jeune homme était digne de Tempire et ressemblerait à Maro- Aurèle. Mais Julien ne paraissait pas avoir jamais autorisé de pareils propos et rien ne permettait d'y voir autre chose que le langage de gens flattés de l'estime d'un prince» qui désiraient probablement occuper auprès de lui cette place de confident, que Fronton avait jadis remplie auprès du fils d'Antonin. Pour^ plus de prudence, l'Empereur, qui se faisait rendre compte de lout^ avait bientôt jugé convenable d'ordonner à son cousin de quitter Constantinople, où il était trop en vue, pour le séjour plus modeste de Nicomédie, et le jeune homme s'était soumis sans la moindre résistance ^

Des soupçons un peu plus sérieux s'élevaient à la vérité sur la sincérité de sa foi chrétienne. Son goût si prononcé pour les lettres, et même pour la philosophie | profane, cette étude constante à laquelle il se livrait sur les œuvres de Virgile, d'Homère et de Cicéron , cette préférence des modèles classiques aux grands maîtres de la chaire chrétienne, tout cela pouvait faire supposer qu'il avait peu de goût pour le culte qui avait interrompu la grande tradition de l'éloquence et de la poésie intiques. Mais, toutes les fois que des inquiétudes un peu graves avaient été exprimées à ce sujet, Julien avait trouvé moyen de les détourner par quelque acte de foi liès-

i. Soc, m, 1. — Soz., V, 2. — Lihaii., Or., 10, p. 26a.

LA JEUNESSS DE JULIER. 275

explicite. En l'envoyant à Nicomédie, on lui ayait trè&soigneusement recommandé de ne pas suivre les leçons du fameux païen Libanius ' , dont la renommée, on Ta vu, remplissait tout TOrient. Non-seulement il s'était scrupuleusement conformé à cette interdiction^ mais on l'avait vu assister avec assiduité aux leçons d'un rhéteur peu habile , qui ne devait sa place qu'à la faveur de l'empereur, et cette faveur elle-même qu'à ses invectives constantes contre les dieux des païens. Puis, bien qu'il fût en correspondance fomilière et amicale avec les rhéteurs principaux des villes d'Asie Mineare, bien qu'il leur envoyât souvent à corriger ses essais d'éloquence, le sujet de ces lettres comme de ces exercices oratoires était si frivole qu'il n'y aurait vraiment pas eu moyen d'en prendre ombrage. Un jour c'était un panier de cent figues qu'il envoyait à l'un d'eux, et à cette occasion il exaltait le mérite du fruit du figuier et la vertu du nombre cent; une autre amplification traitait del'écho et deses rapports avec l'amitié. Le surveillant le plus ombrageux ne pouvait prendre de telles futilités en mauvaise part, et l'on voit même, par i|ne lettre que nous possédons % que Constance, heureux sans doute de savoir le jeune étu«

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