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de la ligne de conduite qu'il s'était tracée. Gomme é le trouble qui agitait l'Église ne Teût intéressé en aucune façon» comme si son nom n'eût pas éveillé tous les échos du palais impérial, il se livrait tout entier à ses devoirs d'évéque avec une sérénité que rien n'altérait. Attentif à ne pas mettre le pied horg de son diocèse, respectueux pour la puissance civile, même dans ses prétentions exagérées, quand elle ne lui demandait rien de contraire à la foi, ne trahissant sur son visage ni préoccupation, ni terreur, prêchant l'Évangile, soignant les malades, il ne paraissait pas se douter qal y eût un empereur, ni que cet empereur songeât à loi Nulle provocation; nulle faiblesse; rien qui permit de Taccuser ; rien qui fit espérer de le fléchir.
Et en même temps il préparait tout pour cette latte qu'il n'avait pas même l'air de prévoir. Par des exhortations animées, par des lettres confidentielles, il oè cessait de ranimer le courage chancelant des fidèles et même des évéques de sa province. Dans ces entretiens paternels, cette âme , de fer pour la résistance , qui opposait une impassibilité glacée à toutes les puissances de la terre, se montrait toute brûlante d'un feu intérieur de piété et de tendresse : « mon cher Draconce, écrîvait-il à un jeune prêtre qui fuyait au désert pour se soustraire aux devoirs de l'épiscopat, je ne sais ce que je dois vous écrire. Dois-je penser que vous nous quittez parce que les temps qui s'approchent vous inquièteni» et que vous allez vous cacher par crainte des Juifs?
^ Ouel que soit le motif qui vous pousse, votre conduite -est digne de blâme. Vous ne devez point aller enfouir
■ Ja grâce que vous avez reçue : îl n'est point digne de votre prudence de fournir à d'autres le prétexte de la ■faiblesse. Votre fuite va répandre le scandale. On ne croira pas que vous vous soyez éloigné sans dessein : on pensera que vous avez songé aux mauvais jours qui nous menacent et aux calamités qui pèsent sur l'Église. Tous fuyez, dites-vous, pour sauver votre âme : craignez que le péril que vous allez faire courir à d'autres
' âmes ne vous accuse devant le Seigneur. Que si, en •effets le Seigneur a dit que si quelqu'un scandalise un - de ces petits, il vaudrait mieux pour lui être plongé dans l'eau avec une meule à son cou, que pensera-i-il de ' vous, quand vous serez devenu pour tant de frères un 3 objet de scandale ? Alexandrie vous avait désigné comme i l'un des évêques de notre contrée, avec une rare unani-
■ mité de sentiments ; votre départ a rompu cette concorde, et l'épiscopat auquel vous étiez appelé va devenir la proie des intrigues.Des païens avaient promis qu'ils recevraient la foi le jour de votre ordination : ils demeureront dans Ja gentilité, quand ils verront que votre piété se joue <le la dignité que vous avez reçue. Comment vous justifierez-vous d'avoir causé tant de maux?.... Comment rétablîrez-vous la paix rompue?— mon fils chéri I vous étiez ma joie, vous êtes devenu ma douleur : vous
étiez ma consolation, et je gémis en pensant à vous
Mais il faut que vous le sachiez et que vous n'en con-
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serviez aucun doute : avant d'être évêque, vous viviei pour vous-même; évêque, vous vivez pour ceux-là seuls à qui vous avez été consacré... Si ce sont les jours où nous vivons qui vous effrayent, cela n*est point d'un homme courageux, car c'est le cas au contraire de montrer le zèle de la foi du Christ, et de répéter hardiment les paroles du bienheureux Paul : C'est ici notre victoire de ne point céder aux temps, mais d'obéir à Dieu*. »
Cette attitude, de tous points irréprochable, mais inflexible, mettait les agents de l'empereur dans on cruel embarras. Pour complaire aux désirs de leur maître, ils auraient voulu prendre le prélat en faute sur quelque point étrangère la religion, sur quelque acte de rébellion et de provocation politique, qui permît de le frapper seul , sans engager de question de foi, et sans compromettre l'indépendance de l'Église. Dans cette vue, ils resserraient, chaque jour la surveillance, encourageaient les délations, et se créaient à plaisir des griefs imaginaires. Ainsi, on fit un crime à Athanase d'avoir célébré, le jour de Pâques, le service divin dans une grande église que Constance avait fait construire à ses frais, sans attendre que l'empereur lui-même fût; venu honorer la dédicace de sa présence. Athanase n'eut pas de peine à démontrer que c'était la foule des chrétiens, chaque jour plus grande, et trop à l'étroit dans les anciennes chapelles, qui avait exigé impérieusement