‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 60 sur 111 · S. Anib., Vitu a Paulino scripla, Opp., t. u · texte numérisé non relu

S. Anib., Vitu a Paulino scripla, Opp., t. u

2GÜ LA BATAILLE ü’ ANDHI NOPLE.

prit le parti de promettre une récompense à celui qui désignerait l’asile du préfet de la veille, aujourd’hui évêque réfractaire, et de menacer de châtiments sévères ceux qui l’aideraient dans sa résistance. Léonce se décida alors à parler, et Ambroise lui -même à obéir, consentant enfin à voir dans le concours inattendu du peuple, de l’Église et de l’empereur, un indice de la volonté divine qui devait faire taire ses scrupules. 11 ne fit plus que deux difficultés : il voulait être baptisé par un évêque dont l’orthodoxie ne fût pas suspecte, et laisser écouler quelque délai, suivant les règles ecclésiastiques, entre le baptême et l’ordination. La première condition lui fut aisément accordée ; mais l’impatience du peuple ne s’accommoda pas de la seconde, et huit jours seulement après avoir reçu l’eau sainte, Ambroise montait à l’autel pour y porter les vœux de ceux qui obéissaient naguère à ses ordres. 11 offrait à l’Église l’hommage de ses talents, de son éloquence, d’une naissance illustre et de biens immenses, de toutes ces grandeurs humaines, en un mot, qui manquaient aux Apôtres, et dont le Saint-Esprit daignait accepter le secours après s’être longtemps joué de leur résistance. Il recevait en échange ce qu’il ne pouvait tenir de l’omnipotence éphémère d’un empereur : une autorité marquée d’un sceau de perpétuité, et fondée sur l’affection populaire. Ambroise évêque devait commander de plus haut qu’Ambroisc magistrat, se faire mieux obéir et mieux défendre son peuple. Sa main étendue pour bénir

LA BATAILLE d’ANDRINOPLE.

devait faire courber plus de fronts que lorsqu’elle était armée du glaive *.

Dès le lendemain, Ambroise faisait don aux pauvres de la totalité de ses biens, ne réservant à sa sœur Marceline que l’usufruit de ses terres. Puis il envoyait chercher en Asie les reliques du saint confesseur Denis, qui était mort en exil pendant la persécution de Constance. En les lui renvoyant, après en avoir fait la recherche avec soin, la lumière de l’Orient, Basile de Césarée, lui écrivait : « Rendons gloire à Dieu qui sait dans chaque génération choisir les chefs qui lui conviennent : autrefois c’est parmi les bergers qu’il a choisi les princes de son peuple, et d’Amos le chevrier il a fait un prophète fortifié par l’Esprit-Saint. Aujourd’hui il prend au sein d’une ville royale un homme préposé à tout un peuple, éminent dans le siècle par la hauteur de l’esprit, l’éclat de la naissance, la splendeur des richesses, la puissance de la parole, et il l’appelle malgré lui à la conduite du troupeau du Christ... Ya donc, homme de Dieu, puisque ce n’est point des hommes que tu as reçu ton pouvoir et que tu as appris l’Evangile du Christ, mais que c’est le Seigneur lui-môme qui t’a choisi parmi les juges de la terre pour te faire asseoir dans la chaire des Apôtres; viens combattre le bon combat*. »

\. S. Amb., Ep., Lxni, 0.

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