Amm. Marc., xxxi
2. A. D. 377. — Indictio. v. — U. C. H30. — Gratianus. Aug! iv, et Merabaudes. Coss.
LA BATAILLE d’ANDRINOPLE. 329
chefs golhs Fritigern et Alavive à venir le trouver à Marianople , chdf-lieu de la basse Mœsie , pour y débattre avec lui leurs prétentions. Ils vinrent, furent bien accueillis, et se laissèrent inviter de bonne grâce à prendre part à un festin qu’on leur avait préparé. Mais pendant qu’ils soupaient au palais, une rixe s’engagea dans les faubourgs entre l’escorte des rois goths, qui voulait absolument pénétrer dans la ville pour y faire quelques acquisitions , et le poste de garde, qui avait la consigne de ne laisser passer personne. On en vint aux mains, et quelques hommes furent tués. Avertis que le sang de leurs serviteurs coulait, les princes goths se crurent pris dans un guet-apens; ils se levèrent de table en pâlissant, et sous prétexte que leur présence était nécessaire pour apaiser le trouble, ils sortirent en toute hâte du palais sans que Lupicinus essayât de les retenir. Montant à cheval dès qu’ils furent hors de la ville, ils retournèrent précipitamment à leurs quartiers, et donnèrent à toutes les tribus le signal d’alarme.
En peu de jours, à la vue de l’étendard national, et aux accents de la conque barbare , toute la masse errante des Goths se rassembla autour de ses chefs, et se précipita d’un seul élan sur Marianople, tout heureuse de marcher cette fois sans contrainte au pillage. Lupicinus épouvanté rassembla en grande hâte tout ce qu’il avait de troupes à sa disposition, et s’avança jusqu’à trois lieues de la ville pour faire tête à l’attaque.
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Mais la discipline des légions romaines s’était fort relâchée au milieu du désordre qui les environnait de toutes parts depuis plusieurs mois. Les soldats ne savaient que penser de ces barbares, qu’on leur demandait un jour d’accepter comme des auxiliaires et des compatriotes, et le lendemain de combattre comme des ennemis. Ils avancèrent mollement au-devant du Ilot impétueux qui se répandait sur la plaine. Us ne tinrent pas même une heure contre le premier élan des Goths. La déroute fut prompte et générale. Ce ne fut pas à proprement parler un combat ; le terrain resta couvert des armes des fugitifs , dont les Goths s’emparèrent sur-le-champ *.
Ce n’étaient pas seulement des armes, ce furent aussi des auxiliaires que la victoire leur valut. Par la plus incroyable des imprudences, Lupicinus avait laissé en garnison à Andrinople un corps de Goths réguliers, engagés depuis plusieurs années dans l’armée romaine. A la nouvelle du succès de leurs compatriotes, un sourd frémissement se répandit dans les rangs de ces serviteurs toujours douteux de l’empire. Leurs chefs voulurent les éloigner pour les diriger sur l’autre rive de l’Hellespont. Les soldats n’osèrent pas faire de résistance ouverte; ils demandèrent seulement deux jours de délai pour se procurer des vivres et pourvoir à leurs préparatifs de voyage, et, en attendant la réponse