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LA RBLIGION SURNATURELLE, LE CHRISTIANISME

b) Seul, en effet, entre tous les animaux, l'homme a une intelligence capable de connaitre l'Être infini, et une volonté propre à suivre les impressions de son autorité absolue, et à se conformer à ses lois toutes parfaites. Des facultés si sublimes n'ont pu lui être données en vain. En marquant la supériorité de sa nature, elles nous annoncent qu'il est destiné à une fin plus glorieuse, à la religion. Puisqu'il peut par la pensée s'élever au-dessus des objets sensibles jusqu'à l'auteur de toutes choses, contempler ses divines perfections, aimer sa bonté infinie, adorer sa puissance illimitée, obéir à sa volonté toujours droite et toujours sainte, on ne saurait nier que ce ne soit là sa destinée (i).

Et ce n'est pas seulement l'adoration de sa pensée et l'humble soumission de sa volonté que l'homme doit à Dieu : il lui doit Thommage de son être tout entier, de son corps aussi bien que de son âme ; il lui doit un culte intérieur et tm culte extérieur.

Le culte extérieur ne saurait même rester culte privé, il doit devenir public ou social. Dieu est Tauteur, non seulement de l'homme individuel, mais aussi de l'homme social; la société est absolument dépendant du Créateur, comme chacun de ses membres. « Si la nature et la raison imposent à chacun de nous en particulier le devoir d'honorer Dieu et de lui rendre un culte, parce que nous dépendons de sa puissance, et que, issus de lui, nous devons retourner à lui, la société civile est astreinte à une semblable loi. En effet, les hommes réunis entre eux par le lien d'une société commune ne sont pas moins dépendants de la puissance de Dieu que les hommes pris individuellement. Autant au moins que l'individu, la société doit rendre grâce à Dieu de qui elle procède, qui la conserve par sa providence et à la bonté' de qui elle est redevable des biens sans nombre dont elle est comblée (2). » La société religieuse doit donc avoir une expression publique et commune des sentiments religieux des membres qui la composent. Le culte public est le lien religieux de la société. Aussi, chez tous les peuples et à

(1) V. Leland, Nouvelle démonstration évangélique. Part. I, chap, I, fome I, page 9.

(2) Encycl. de S. S. Léon XIII, Immortale Dei. 1 nov. 1885.

toutes les époques, trouvons-nous des temples, des • autels, des cérémonies publiques et solennelles, un sacerdoce.

Du reste, comme les particuliers, la société doit croire et pratiquer la religion que Dieu lui-même a imposée et que des preuves certaines et indubitables nous garantissent être le seule vraie, c'est-à-dire le christianisme.

II. La Religion sarnaturelle, le Christianisme. — En effet, l'état de dépendance absolue de l'homme à l'égard de l'auteur de toutes choses lui impose l'obligation d'observer tous les rapports qu'il a plu à Dieu d'établir pour s'unir à sa créature. Or, Dieu en créant l'homme n'a point voulu le constituer dans une condition et une dignité purement naturelles. Par un acte libre et tout gratuit de sa bonté, il l'éleva à un état supérieur ; il lui fit des destinées entièrement divines et surnaturelles. L'homme a été créé pour connaître, aimer et servir Dieu ici-bas, afin de mériter de le voir un jour face à face, tel qu'il est en son essence, de le posséder, et d'être éternellement heureux avec lui. En même temps, il a été doué de moyens propres à réaliser cette fin sublime : des lumières et des vérités surnaturelles ont été ajoutées à celles de sa raison ; des vertus divines et infuses sont venues orner son âme transformée.

C est dans l'acte même de la création que Dieu contracta avec sa créature cette alliance surnaturelle. Mais l'homme se révolta presqu'aussitôt contre son Créateur ; il viola ouvertement le précepte positif [celui de ne pas manger du fruit défendu], et son union avec Dieu fut brisée. Pour peine de sa prévarication, il fut condamné à la mort éternelle ; et toute sa postérité devait être entraînée dans sa déchéance.

Mais Dieu en eut pitié, il lui promit un Sauveur. Ce Sauveur est le Christ ou Messie, qui devait naître quand les temps marqués par la sagesse du Très-Haut seraient accomplis. Aucun homme, aucun ange, aucune créature n'aurait pu renouer la chaîne qui venait de se briser. Jésus- Christ seul, à la fois Dieu et Homme, pouvait expier le péché, satisfaire dignement à la justice divine, et réconciUer l'homme coupable avec Dieu offensé. Par le Christ donc et ^n vertu de ses mérites fut rétablie, entre Dieu et sa créature, sur des bases nouvelles, la société religieuse instituée à l'origine et im instant détruite par le péché.

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