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LE PEUPLE JUIF. — LES NATIONS PAÏENNES

Les trois vérités que nous venons de rappeler, a) la création de rhomme dans un état de justice et d'innocence parfaites, b) la chute originelle j c) la rédemption par le Christ, ces trois vérités forment le fond de la révélation primitive, de toutes celles qui l'ont suivie et des traditions les plus anciennes du genre humain ; en sorte que la religion chrétienne est la religion de tous les siècles. Jésus-Christ fut toujours le fondement de la vraie foi. Tunique médiateur, le chef suprême de la société spirituelle des justes ; jamais les hommes n*ont pu être sauvés qu'en vue de ses mérites infinis et par la vertu de son sang. Toute la différence qui existe entre la religion des fidèles qui sont des deux côtés de la Croix, c'est que les anciens justes croyaient au Rédempteur promis et à venir, tandis que nous croyons au Rédempteur venu. Notre religion est la même que celle des patriarches et des prophètes.

Le christianisme remonte donc au berceau de l'humanité. Il a commencé avec le monde ; son fond n'a jamais varié, il restera perpétuellement le même. Mais il s'est successivement développé ; dans la suite des temps, il s'est éclairé de lumières toujours plus vives. Ce développement n'est point l'œuvre de l'homme ni la suite naturelle des investigations de sa raison ; c'est le résultat de Tintervention immédiate de Dieu lui-même et de ses révélations progressives, depuis Adam jusqu'à Noé, depuis Noé jusqu'à Moïse, depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ, en qui et par qui toutes les promesses devaient recevoir leur plein accomplissement, et la religion son dernier complément et sa forme extérieure définitive (i).

III. Le peuple juif. — Pour conserver dans le monde le dépôt de ces traditions et les vérités révélées aux premiers hommes, pour recueillir les oracles divins sur la naissance, la vie et la mort du Messie, Dieu s'est choisi un peuple particulier, auquel il donna une loi rituelle, à la fois religieuse, politique et civile, qui le préservât de l'idolâtrie, en maintenant dans son sein un culte agréable à la Divinité.

0) Voir, sar le fait de la Révélation et de TÈlévation, le remarquable ouvrage du D' Van Weddingen, Lifs éléments raisonnes de la Religion, chap. IV et V, 3« édit.

Le peuple juif reçut ainsi de Dieu, par un privilège unique, la mission de préparer le genre humain à reconnaître son Sauveur : peuple en qui tout fut miraculeux, et son établissement, et le pouvoir qui le gouverna, et les moyens employés pour le gouverner, et les événements de son histoire, et sa grandeur, et ses humiliations, toute son existence en un mot.

• IV. Les nations païennes. — Mais dans les desseins de sa justice et de sa miséricorde. Dieu permit que les nations païennes fissent une longue et douloureuse expérience ! Il fallait que le monde comprit toute la gravité de la révolte de l'homme contre son Créateur, la profondeur de la chute, la nécessité de la Rédemption et toute l'étendue de ce bienfait divin. La leçon fut complète. Dieu laissa les hommes organiser la société et la religion. La raison, affranchie de l'autorité divine et vivante, ne connut bientôt plus de règle ; elle renversa les croyances, les mœurs et les lois, tout ce qui soutenait la société ; et la société, comme un édifice miné dans ses fondements, s*affaissa et roula dans labtme de la tyrannie et de la superstition. A l'époque de la venue du Rédempteur, l'état du monde était, sous le rapport religieux, moral, domestique et politique, vraiment lamentable et désespéré.

a) La vraie religion avait été partout, excepté en Palestine, remplacée par Tidolâtrie : on adorait les éléments et les animaux ; on avait divinisé jusqu aux vices les plus grossiers. « Tout était Dieu, excepté Dieu lui-même ->. Le culte païen était digne de ces divinités infernales : affreux mélange de débauches et de cruautés.

b) Que devaient être les mœurs sous l'influence d'un tel culte? Toutes les passions « lorgueiU la vengeance, la cruauté, le rapt, l'inceste, l'adultère, la débauche, étaient encouragés et enhardis par l'exemple des^dieux eux-mêmes.

c) La famille n'existait plus, la polygamie et le divorce étaient autorisés. La femme avait cessé d'être la compagne de l'homme, elle était devenue sa propriété, ^'il instrument de satisfaction pour son maître, elle finissait presque toujours par être abandonnée à l'opprobre et à la misère. Et TenHamt, qu'était-il aux yeux du paganisme? Tant qu'il

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