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donné à la mère quand elle s’en voudra aller. Se la mère muert en la maison, l’enfant soit nourry en la maison meesmement s’il n’a père. ; Le Grand (4), p. 139.
Ce dernier statut a l’intérêt de résumer la coutume hospitalière du Moyen-Age : dans les maternités, on Pa vu précédemment, on donnait au moins trois semaines à l’accouchée pour se remettre ; on subvenait en outre aux frais des relevailles et des layettes ; enfin, si la mère mourait, et que l’enfant n’ait point de père, l’hôpital le prenait à sa charge jusqu’à 10 ans, à cette date, on l’envoyait, en général, dans une abbaye ou une école épiscopale, afin de l’héberger et de l’instruire gratuitetement.
L'ordre hospitalier du Saint-Esprit de Montpellier. —
Le fondateur de cet ordre célèbre est Guy, né à Montpellier, et qu’Innocent IT appelle à Rome, en 1198, lors de la fondation de lhôpital du Saint-Esprit in Sassia (5) (p. 124).
Le but de cette milice hospitalière est le soulagement des pauvres et l’assistance des enfants délaissés. Les vœux prononcés par les frères comprennent notamment l'engagement suivant : Negotia curabo ad honorem Dei ad victum, vestitum, sustentionem pauperum infirmorum, peregrinorume el INFANTIUM EXPOSITORUM ».
Parti de Montpellier, le mouvement s’étendit rapidement ; et les bulles des souverains Pontifes, les édits et les déclarations des rois de France (Bulle de Sixte IV, 23 janvier 1476. — Buile de Léon X, 26 mars 1516. — Lettres patentes d'Henri IV, 21 mars 1608.., cités par Lallemand) font fréquemment mention de cette hospitalité accordée aux enfants trouvés.
Une bulle du pape Grégoire XI (12 août 1372) énumère plus de cent maisons situées en France ; on trouve dans cette longue liste la mention suivante : « Domum conventualem, cum hospitali infantium expositorum Lutetiæ Parisiorum ».
La France médiévale voit donc, sur son territoire, se multiplier les œuvres pour l’enfance abandonnée, jusqu’au moment où la guerre de Cent Ans, puis les guerres de religion les anéantiront presque toutes.
Les petits qui en bénéficient sont placés en nourrice, surveillés, élevés, instruits par les soins des paroisses ou municipalités des Flandres, de lArtois, du Dauphiné, de la Provence, de la Bretagne (5). Des maisons hospitalières leur assurent l’asilg; et depuis le XIT° siècle, un ordre religieux a, en vertu même de ses statuts, l’obligation de les assister.
Concluons avec Petre Trisca (6) p. 164) : La protection des enfants, au cours du Moyen-Age, revient à l'Eglise et aux différents ordres monacaux et épiscopaux. Partout, on avait installé des hôpitaux, des asiles pour les enfants trouvés, et des orphelinats ».
NOTES DU CHAPITRE