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L'HYGIENE AU COUVENT

La vie monastique au Moyen-Age a été maintes fois critiquée au nom de l’hygiène. On a reproché à certaines prescriptions de troubler l’harmonie du corps humain, en diminuant son pouvoir d’action : celles, par exemple, qui imposent la continence ou le jeûne. On a blâmé des pratiques alors fort en honneur : les saignées périodiques, et enfin, mais pas toujours à tort, le peu d’hygiène corporelle et vestimentaire de certains moines qui jugèrent bon de négliger leur corps pour ne

penser qu’à Dieu.

(*) Le temps nous a manqué pour étudier plus complètement cette question. Nous avons dû nous borner à faire cet exposé par rapport à l’un des ordres monastiques les plus anciens de France et des plus florissants, celui de Saint-Benoît.

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Saint-Benoît doit à Saint-Basile, plus qu’à aucun autre législateur monastique, les idées foncières de sa Règle (dom Cuthbert Butler, p. 16). Saint-Basile avait posé le principe, que les moines s’efforceraient de faire du bien à leurs semblables ; et, afin de mettre à leur portée des œuvres de charité, il attacha aux monastères des hôpitaux ou hospices pour les malades et les pauvres.

Des orphelinats séparés, mais voisins des monastères, furent crées et confiés à la direction des moines.

De jeunes garçons furent également admis dans les monastères, non pas pour devenir moines, mais afin d'acquérir une instruction convenable.

La CHASTETÉ. — Le vœu de chasteté a été violemment reproché aux clercs, sous prétexte que, la nature ayant doté l’homme d’organes génitaux, c’est la violenter que de condamner ces organes à l’inaction.

Nous ne nous attarderons pas à répondre : cette objection n’est plus que très rarement formulée, les gens sincères la reconnaissent mal fondée ; et la réfutation en a été faite plus d’une fois, telle la thèse du D' Escande (2).

De ce qu’un acte est physiologique, il ne faut point conclure que son non-accomplissement soit toujours antiphysiologique.

L’acte sexuel n’est pas un besoin, la continence n’a jamais raccourci la vie, ni atrophié les testicules : ces. glandes ne cessent pas d’accomplir leurs fonctions, parce que l'individu est chaste. Les caractères sexuels et l’instinct reproducteur sont liés au fonctionnement des cellules interstitielles : rien n’autorise à penser que la continence ait une influence néfaste sur ces cellules.

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Peut-être, la continence amène-t-elle un ralentissement dans la production des spermatozoïdes ; mais, de ce que ces éléments se différencient plus lentement, on ne peut conclure que leur vitalité soit amoïindrie.

La secrétion moindre de ces glandes génitales annexes peut résulter d’une continence prolongée, elle ne saurait être assimilée à de latrophie.

Bien des glandes de l’organisme, la mamelle, par exemple, peuvent rester longtemps à l’état de vie ralentie, sans rien perdre de leurs propriétés.

La ligature du canal déférent entraîne l’atrophie des cellules de la lignée séminale. Mais la continence ne saurait être assimilée à une ligature du canal déférent : rien n’entrave le mouvement spermatogénétique ; on sait qu’alors les spermatozoïdes arrivent dans l’ampoule du canal déférent et sont expulsés au dehors, soit avec les urines et, dans ce cas, moins souvent sous leur forme naturelle que sous forme de corps polychromatophiles, soit par les pollutions nocturnes.

Si la continence n’est point dangereuse pour les glandes génitales, peut-elle déterminer de graves troubles psychiques ? On le prétend encore, âärguant sur le fait que les cas de folies les plus fréquents sont le fait de célibataires.

Les psychiâtres Verga et Féré s’accordent pour déclarer : «Le célibat, qu’il ne faut pas confondre avec la continence, n’a sur la folie qu’une influence apparente. Le célibat est plus souvent la conséquence que la cause de l’anomalie mentale > (2), p. 136. Et parmi les contirents, il faut distinguer ceux qui le sont par force, et qui peuvent en être ébranlés, et ceux qui mènent volontairement une vie chaste, — c’est le cas qui nous

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