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occupe, — et qui sont bien rarement atteints d’aliénation mentale. Chez ces derniers, les psychoses sont exceptionnelles, et celles qu’on observe s'expliquent par upe hérédité névropathique chargée ou par d’autres raisons étiologiques. Le Docteur Dubois, professeur de neuropathologie, à Berne, s’exprime dans le même sens: « L'exemple des prêtres, dignes de ce nom, montre que la chasteté n’a pas ces dangers. Il y a plus de neurasthéniques parmi ceux qui laissent libre cours à leur sexualité, que parmi ceux qui savent, pour des raisons morales altruistes, et aussi longtemps que ces motifs existent, échapper au joug de l’animalité»> (D' Dubois (3), p. 390).
Les difficultés de la continence sont trop grandes pour l’homme, tel est le dernier argument. — Mais les fonctions de la vie de reproduction sont transitoires ; elles n’ont pas, comme les fonctions de la vie nutritive, ni le caractère de permanence, ni celui de nécessité, et, quand elles ont chômé pendant un certain temps, leurs sollicitations deviennent de moins en moins exigeantes. «Il faut distinguer une continence primitive, facile à observer, et une continence à rétablir, de conquête laborieuse ».
« La continence des oisifs et des gourmands est difficile ; la continence des hommes qui s'appuient, d’une part, sur le principe du sacrifice volontaire, de l’autre sur les ressources compensatrices de l’activité physique et intellectuelle est facile, Dans ces conditions, loin d’être dangereuse, elle est au contraire la source d’une grande vigueur physique et morale» (Dict. encyclop. des sciences médicales — au mot aphrodisie).
C’est enfin parmi les hommes qui pratiquent la chas-
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teté, que la durée de la vie est la plus longue. Les tables statistiques de Bertillon (4), dressées par professions, indiquent que les prêtres sont en tête au point de vue de la longévité. « La continence réalise une réserve de forces. L'économie sexuelle favorise la longévité et les diverses formes de l’activité intellectuelle ». (Ch. Féré (5), p. 315).
L'Eglise des premiers siècles eut à réagir contre un mal dont on l’a parfois accusée. Certains chrétiens, incapables de rester chastes, car la force d’âme ou la pureté de leurs pensées leur manquait, crurent bon de se faire châirer avant d’entrer dans les ordres. L'Eglise ne pouvait tolérer de semblables pratiques, qui sont un crime à ses yeux. La preuve en est dans les décrets des différents conciles :
Concile de Nicée (an 325) — Canon I.
« Si quelqu'un a été mutilé par les médecins pendant une maladie, ou bien par les barbares, qu’il reste dans le clergé ; mais si, quelqu'un étant en bonne santé s’est mutilé lui-même, qu’on l’exclue du clergé dont il fait partie et, à l’avenir, on ne devra pas ordonner celui qui aura agi ainsi. Mais, comme il est évident que ce qui vient d’être dit ne regarde que ceux qui ont agi ainsi avec intention, et qui ont eux-mêmes voulu se mutiler, ceux qui l’auront été ou par les barbares ou par leur maître pourront, conformément au canon, rester dans la cléricature, s’ils en sont dignes par ailleurs ».
Ce canon de Nicée, explique dom Leclerc (6), p. 530), a eu pour but de faire cesser la castration qui sévissait parmi certains chrétiens. L'Eglise réprouve sans cesse ces pratiques. Saint-Jean-Chrysostome, Saint-Jérôme, Saint-Eucher sont tous préoccupés de prévenir ces
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excès. Origène, dans ses Commentaires sur Saint- Mathieu, décrit les incommodités et l’inutilité de ce prétendu remède à l’incontinence, qui ne laisse pas de troubler l'organisme, sans donner le repos et la tranquillité à l'esprit.
Saint-Augustin décrit em ces termes la seule opération licite et fructueuse, la chasteté de cœur : « Pio proposito continentes, corpus usque ad contemptas nuptias castigantes, seipsos non in corpore, sed in ipsa concupiscentiæ radice castrantes » (Saint-Augustin — de Virginate — cité par Leclerc, p. 530, t. D.
L’exclusion des eunuques reparaît à diverses reprises dans les conciles. Entre autres, celui d’Arles, en 452, décrète : « Hi qui se, carnali vitio repugnare nescientes, abscindunt, ad clerum pervenire non possunt »
(canon 7).
L’HYGIÈNE ALIMENTAIRE ET LE JEUNE (*). — Saint-Basile a pour principe que le travail est de plus grande valeur que les austérités ; le jeûne ne doit donc pas être pratiqué à tel point qu'il soit préjudiciable au travail (1) (p. 17). Ceci était d’autant plus nécessaire que le labeur des moines consistait alors principalement dans les
travaux des champs.
Saint-Benoît, dans sa Règle, tint compte, lui lussi, des nécessités climatériques. Dans les dialogues de Sulpice- Sévère (2) (p. 22), un des interlocuteurs, Gallus, moine gaulois, disciple de Saint-Martin, fait plusieurs protestations à demi-comiques sur le jeûne, mais qui ren
(#) Se reporter également à ce que nous avons dit au chapitre < Hygiène Alimentaire ».