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tous les ans une redevance. Il faut entretenir tous les jours 300 pauvres, 150 veuves, et 60 clercs. Au couvent, se rattachent aussi 117 fermes gérées par des vassaux, à charge aussi de fournir les soldats pour sa défense (DD; !
Le plan de construction du couvent de Saint-Gall (en Suisse) (#), qui date du IX° siècle et semble répondre au type idéal d’un couvent de Bénédictins de cette époque, mentionne à part l’église et le chemin de croix, un dortoir, un réfectoire, une auberge, une maison pour l’abbé, une école, une maison pour les étrangers, une pour les malades, un noviciat, des habitations pour les ar.isans, une brasserie, des écuries, un jardin et un cimetière. La maison de l’abbé, l’abbaye, est à plusieurs étages et se compose d’une maison d'habitation et d’un dortoirs reliés par une allée couverte aux cabinets d’aisance (requisitum naturæ). La maison d’école contient la salle de classe éclairée par des lucarnes supérieures et séparée de l’extérieur par un vestibule. Les habitations des maîtres l’entourent et sont aussi reliées aux cabinets d’aisance par une allée (exitus necessarius).
Dans l’hôtellerie, se trouve une salle de conversation munie d’un foyer. Tout autour sont rangées des pièces servant de chambres à coucher, à chacune desquelles est annexée une chambre de domestique. Les cabinets (necessaria) affectent la même disposition précédemment notée. Le dortoir comprend une centaine de
(#) D’après Hirsch (Historish-geographische Pathologie), Saint Othmar est un des fondateurs du couvent de Saint-Gall, il en est abbé en 720. Une léproserie attient à ce couvent.
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cellules, et se trouve aussi en communication avec le «necessarium» par une allée. Celui-ci comporte neuf sièges exposés au midi, un chandelier et un banc de repos. Le même toit abrite l’installation de bains et le frigidarium, où l’on prend des ablutions froides après le bain de vapeur.
L'auberge pour les pèlerins et les pauvres (domus perigrinorum et pauperum) est de même arrangement que l’hôtellerie pour les hôtes de marque ; on n’y trouve cependant pas de cabinets d’aisance, ni de système de chauffage.
La maison du médecin se compose d’un appartement pour lui et ses aides, d’une pharmacie et de pièces pour les malades gravement atteints. Les chambres sont chauffées et possèdent deux cabinets; un bâtiment spécial est réservé aux saignées. Il contient quatre fourneaux, six bancs muraux, autant de tables, et un cabinet séparé. À proximité enfin sont installés des cuisines et des bains pour les malades.
La description de la ronde que le prieur Hirschau (+) entreprend, deux fois par jour, matin et soir, à travers son couvent, nous donne d’autres renseignements sur l'édification de ces cloîtres. Il visite tout d’abord le cloître et la cellule des moines, puis l’église des clercs, le réfectoire, l’école et l'hôpital ; en outre, et ceci permet de juger de l’hygiène exigée, il parcourt tous les cabinets d’aisance du couvent. La seconde ronde se fait en sens inverse (Weyl (1), p. 79).
(*) Hirschau est un village du Wurtemberg, où l’on voit les belles ruines d’une abbaye de Bénédictins, fondée en 830 et détruite en 1692 par Mélachb.
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Mieux encore que le plan du couvent de Saint-Gall et la Constitutio Hirsaugensis, l’Ordo Farfensis, c’est-àdire la description du couvent de Farfa, construit à michemin entre Rome et Naples, dans les monts Sabins, nous donne une idée de leur construction. Détruit au début du X:° siècle par les Sarrazins, il est réédifié sur les plans de celui de Cluny, à la fin de ce même siècle.
D’après l’Ordo Farfensis, les principaux bâtiments du couvent sont : l’église, le chapître, l’auditorium et le dormitorium.
Pour avoir une idée du cube d’air de ce dortoir, nous en donnons les dimensions : 160 pieds de long (52 m. 80), 24 de large (8 m.) et 23 de haut (7 m. 50) ; le jour y pénètre par 97 fenêtres à vitres. Chaque fenêtre a la hauteur d’un adulte se haussant sur la pointe des pieds, et une largeur de deux pieds et demi. Au dormitorium se rattachent les latrines avec 45 cabinets d’aisances. Elles sont éclairées par 17 fenêtres ayant chacune trois pieds de haut. À proximité se trouve le bâtiment contenant le chauffage central. Le réfectoire des clercs, de forme carrée, est éclairé par huit fenêtres ; il est situé dans le voisinage immédiat de la cuisine. Celle-ci mesure 30 pieds de long et 15 de profondeur. Mentionnons le quartier des malades, que nous reverrons au chapitre : hôpitaux.
Au quartier des laïques, l’hôtellerie pour les étrangers de marque mesure 135 pieds de longueur et 30 de largeur. Elle se divise en 3 parties, la salle à manger commune, l'habitation des hommes, celle des femmes. Chaque habitation contient 40 lits et autant de cabinets d’aisances. Plus loin, ce sont les écuries et les asiles
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pour les pauvres, et enfin l'installation de bains avec 12 cabines (1), p. 79).
C’est là un degré supérieur d’hygiène, que rend manifeste la comparaison avec le régime relevant des pouvoirs publics plusieurs siècles après.
Sous Louis XIV, la Reynie fera de louables efforts pour transformer Paris, qui s’embellira rapidement. Pourtant les conditions sanitaires des habitations seront toujours mauvaises, car la plupart d’entre elles ne possèderont pas de fosse. Plus d’un s’en ira chercher une petite place tranquille près du perron d’un monument public. Ni le Louvre, ni le Palais de Justice ne seront exempts de pareilles ordures, et les châteaux de Saint-Germain, de Vincennes, de Fontainebleau, malgré toute leur splendeur, revêtiront un aspect malpropre à cause de multiples souillures dont ils seront garnis. Paris possèdera alors 400.000 âmes, mais il y aura toujours danger à parcourir les rues le soir, de s’exposer aux <ondées et aux averses aromatiques ». Il ne faudra vider ses ordures qu'après avoir crié trois fois le mot désormais historique et interdit dès 1395, de « Gare l’eau >». On ne se sentira plus en sûreté que le long des maisons, et il sera de règle d’abondonner ce chemin aux dames que l’on accompagnerait.
Dans nombre d’habitations, le « privât >», c’est-à-dire la chaise percée, sera considéré comme un luxe. Les rois de France des XVI: et XVII: siècles, de même que les gens de qualité en possèderont. Ils seront tendus de drap et d’étoffes précieuses ; le vase sera de cuivre ou d’argent.
Ce sera sur une chaise percée que Henri III, Louis XIII et Louis XIV, divers princes et des dames
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de l'aristocratie donneront leurs audiences ou prendront leurs repas.
Mais ces sièges seront plutôt des raretés. Il ne restera donc plus qu’à se soulager dans les couloirs des châteaux, ou bien même dans les chambres, soit dans la cheminée, soit contre les murs.
Au XVIT siècle, on aura si peu cette notion de bienséance que l’on dégradera ainsi les murs de la grande salle du Palais de Justice de la façon la plus répugnante (Franklin (4) — Weyl (1):
Il est facile de résumer la leçon de ce chapitre. L’hygiène de l'habitation s’accuse pendant longtemps des plus rudimentaires, et le Moyen-Age est bien loin d’être la seule époque à supporter cette critique. Dans les établissements relevant des pouvoirs ecclésiastiques, par contre, dans les monastères principalement, les conditions sanitaires sont nettement supérieures, et sur bien des points dignes d’être encore admirées.