HYGIENE DE L’HABITATION
L'alimentation en eau s'améliore d’après l’exemple reçu des Romains : on fore des puits dans les cours des habitations et l’on y puise au moyen de chaines et de poulies, comme c’est encore aujourd’hui le cas à la campagne. Dans les monastères, l’autorité ecclésiastique se préoccupe toujours du bon approvisionnement en eau (Cf. chapitre : alimentation en eau). Otto de Bamberg (1062-1121) a soin de pourvoir d’eau potable les couvents qu’il fonde et fait couler celle-ci par un griffon de plomb.
Au début, les conduites d’eau sont en bois ; on les nomme, durant tout le Moyen-Age «teuchel ou deuchel> (Weyl (1), p. 75).
Quant à l'évacuation des eaux ménagères, on ne semble pas s’en préoccuper beaucoup. Pourtant, un
ÉAAOT D
évêque de Strasbourg, Erchenbald (965-991) organise le nettoyage des rues et prescrit l’évacuation des immondices vers un endroit déterminé.
Au X° siècle, apparaissent des perfectionnements dans la construction des maisons, qui, pour la plupart, sont en bois. Et là où la technique marque un grand pas en avant, c’est dans les couvents, dont la vie impose une grande quantité de bâtiments séparés les uns des autres, comme les maisons d'habitation, les dortoirs, les églises, les hôpitaux, les asiles, les maisons des laboureurs, les granges, etc...
LES COUVENTS. — Au début du X° siècle, les couvents
sont bien mieux installés que les maisons bourgeoises. Leur architecture se rapproche de celle des palais impériaux, mais elle en diffère en ce qu’elle répond mieux aux exigences de la vie monastique, tandis que celles des palais est adaptée aux nécessités de la représentation.
La différence entre les couvents et les habitations ordinaires s’explique aisément par ce fait que les couvents peuvent s’assimiler, dans leurs constructions, toutes les ressources de l’art, qu'ils disposent de puissants moyens et sont, autant que possible, épargnés au milieu des dévastations et des guerres.
En outre, les couvents de cette époque sont le plus souvent de véritables villes cloîtrées : à Centula (Saint- Riquier, Dép. Somme), vers 798, il y a plusieurs rues habitées par les artisans devant fournir aux besoins du couvent les ustensiles en fer, les harnais, les tissus, la boulangerie, les articles de cuir, la bière, etc. Le couvent dispose d’une garde de 110 soldats et, est environné de 2.500 habitations pour des laïques, qui paient