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Est-il nécessaire de rappeler que l’on doit à l’autorité ecclésiastique la fondation de la vieille école de médecine de Salerne, des Universités de Montpellier, de Bologne, de Cambridge, d'Oxford et de tant d’autres villes ?
Les professions ne sont pas réglementées, tout le monde est libre de choisir suivant ses aptitudes telle ou telle situation. L’instruction est même répandue à un degré dont on ne se doute guère. Saint-Louis est infiniment plus lettré que Louis XIV, et il a fait pour l'hygiène publique, par ses œuvres d'assistance, cent fois plus que le Roi Soleil. Des laïques, d’humble origine, formés dans ces écoles monastiques ou épiscopales, tels les Gautier, les Guillaume, les Obizon (2), vont devenir des médecins de si belle renommée qu’ils seront appelés à soigner les princes.
Charité : n’est-ce pas en son nom que sont créées les plus belles institutions ? Elle supplée la science qui ne peut encore donner les indications d’hygiène qu’on lui demande. Elle fait plus même, car au nom de la Morale de l'Evangile, alors en honneur, à l’inverse de la science «qui ne parle qu’à l'indicatif », la charité peut et sait se faire impérative. L'homme, donc, considérant comme obligation première de multiplier ses institutions de charité, put maintenir et développer sa race au milieu des fléaux d’une violence inouïe.
Sans doute, l’acte d'amour que demande le christianisme fait qu’au début on songea plus à faire œuvre de charité qu’œuvre de science. Maïs le bien amène
le bien, et il arrive que les services qu’on rend à
(2) Dubreuil-Chambardel, loc. cit. p. 197.