‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 12 sur 268 · LES SYRIENS ET LEUR ROLE · texte numérisé non relu

LES SYRIENS ET LEUR ROLE

portance de leur influence religieuse. Beaucoup de ces Syriens ne se sont pas bornés à être des marchands ; dans les grandes villes, leurs colonies étaient assez puissantes pour fournir des titulaires aux sièges épiscopaux. De 396 à 425 ils ont possédé, sans interruption, celui de Ravenne^ A Paris, vers 590, l'un d'eux se fait élire évêque à force de présents ^. A Rome enfin, ils arriveront à occuper le souverain pontificat pendant près d'un siècle et demi^. De tels choix étaient, il n'en faut pas douter, autant de bénéfices pour la propagande orientale.

D'ailleurs à côté des négociants, des moines et des ascètes venaient s'établir en Occident. Les institutions monastiques créées en Orient ont été introduites en Occident par leur intermédiaire. Les deux exils de saint Athanase, à Trêves en 336 et à Rome en 341, eurent à cet égard des conséquences importantes. Ce fut lui qui fit connaître à l'Occident la vie de saint Antoine et les deux solitaires égyptiens qu'il avait amenés avec lui à Rome éveillèrent non seulement la curiosité, mais un désir d'imitation qui porta bientôt ses fruits. Saint Augustin montre dans ses Confessions l'enthousiasme qu'excitait chez les Occidentaux la révélation « de ces irréfragables merveilles « de si récente mémoire, presque contemporaines, « opérées dans la vraie foi, dans l'Eglisb catholique^ ». Bientôt des monastères se fondent dans tout l'Occident. Des ascètes orientaux, saint Cassien, saint Abraham, etc.. viennent apprendre aux Occidentaux les règles

\. Agnellus, Lib. Pont. Eccl. Ravenn. {P.L., CVJ, ol3).

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