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LES PAPES ET L'ORIENT

choses d'Orient continuent à tenir une grande place dans les préoccupations des Occidentaux : ils n'oublieront plus désormais la route de Jérusalem.

§ 5. — Les papes et l'Orient.

Ces préoccupations des fidèles devaient être à plus forte raison partagées parles papes, si souvent appelés à intervenir dans les querelles dogmatiques et disciplinaires qui divisaient les églises d'Orient. Sans retracer ici Ihistoire des luttes que les papes eurent parfois à soutenir contre les patriarches de Constantinople pour faire triompher leur primauté *, il suffira de rappeler que lesévêques d'Orient eurent souvent recours à leur arbitrage et qu'ils défendirent plus d'une fois les droits du siège d'Alexandrie contre les prétentions de Byzance. Malgré des schismes parfois prolongés comme celui d'Acace, qui dura de 484 à 519, leur autorité dogmatique fmit toujours par triompher. Ce qui nous intéresse surtout ici, ce sont les rapports que les papes entretinrent avec la Syrie et l'intérêt qu'ils prirent aux pèlerinages. Le nombre croissant des monastères orientaux qui se trouvaient à Rome rendait plus fréquents et plus faciles leurs rapports avec l'Orient. Le pape même qui contribua à rendre vraiment universelle l'action de l'Eglise romaine, saint Grégoire le Grand, étendit sa sollicitude aux moines et aux pèlerins d'Orient. Non seulement il entretint une correspondance avec les moines du Sinaï et leur envoya des aumônes, mais en l'an 600 il chargea un certain abbé Probus d'aller construire un hospice à Jérusalem pour

1. Nous renvoyons pour ces questions à VHistoire de VÉglise byzantine de J.PAa(;oniE publiée dans cette collection. Voy. aussi Duchesne, Eglises séparées, p. 163 et suiv.

les pèlerins ^ Mais au moment même où les Latins fondaient des établissements en Terre Sainte, de graves événements se préparaient qui allaient modifier la nature de leurs rapports avec l'Orient : après avoir été demander aux chrétientés orientales les principes de leur science et de leur morale religieuse, ils allaient être obligés de se poser en protecteurs de ces mêmes églises et de sauver leurs débris d'une ruine totale,

i. Gregorii Epistolae,X\, 28; XIII, 58-29, An. VitaGregor. {A. SS. mars II, p. 132). Cf. In Evangel. II, homil. 23, 1 (P. L., LXXVI, H82) : Pèregrini ad hospitium non solum invitandi sunt, sed etiam trahendi.

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