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LA DESTRUCTION DE L'ORIENT CHRÉTIEN

schisme religieux qui prit en Orient un caractère de protestation nationale contre l'hellénisme officiel de Constantinople. En vain les empereurs, en particulier Justinien et Héraclius, essayèrent-ils d'user de l'auto- 1 riié dogmatique qu'ils s'arrogeaient pour imposer aux orthodoxes comme aux dissidents des formules de conciliation : leurs efforts n'aboutirent qu'à créer de nouveaux schismes et, dans leur ensemble, les pays d'Orient refusèrent avec obstination d'admettre les décrets du concile de Chalcédoine et le dogme des deux natures du Christ. Sans insister sur le caractère théologique de ces luttes \ il suffira pour nous d'en marquer les conséquences historiques. L'Ekthesis d'Héraclius (6';8i ajouta une nouvelle faction, les Monothélites, à celles qui se disputaient déjà la prépondérance en Orient. Le parti orthodoxe, melchite ou impérial fut ainsi affaibli sans que le nombre des monophysites eût diminué sensiblement : le patriarche de Jérusalem. Sophronius avait déjà dénoncé la nouvelle hérésie au pape, et un conflit éclata entre Rome et Constantinople, que le « Typos » publié par Constant en 649 ne fit qu'irriter. Mais à cette époque la domination politique de lOrient avait échappé pour toujours aux empereurs byzantins.

Ces luttes intestines firent en effet de l'Egypte et de la Syrie une proie pour les envahisseurs. S'il paraît faux que les jacobites de Syrie et les Coptes d'Egypte aient favorisé l'invasion musulmane 2, il n'en est pas moins vrai que la haine qu'ils éprouvaient pour les a chalcédonieiis » et les monothélites devait paralyser la résistance. Comme kar historien, Jean de Nikiou, ils

i. Voy. Pargoire, op. citât. \

2. C'est ce qu'a montré Butler, Arab conquest of Egypt (Londres,:

iOOo . ii'apr-s le témoignage de Jean de Nikiou. Ce fut au contraire le

pair.iirche melcliite d'Alexandrie, Cyrus, qui négocia avec les Arabes.

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