‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 19 sur 268 · LA DESTRUCTION DES CHUÉTIENTES ORIENTALES · texte numérisé non relu

LA DESTRUCTION DES CHUÉTIENTES ORIENTALES

voyaient dans cette catastrophe un effet de la colère divine. « Les empereurs romains perdirent la couronne « et les Ismaélitesdevinrent leurs maîtres, parce qu'ils « n'avaient pas suivi la vraie religion de Notre-Sei- « gneur Jésus-Christ et qu'ils avaient divisé Celui qui « est indivisible ' . » Devant l'ardeur toute nouvelle des néophytes musulmans cette résignation ne pouvait qu'accélérer la défaite.

Deux courants successifs d'invasion amenèrent la ruine de la domination byzantine en Orient. En 614 les Perses s'emparèrent de Jérusalem, en massacrèrent les habitants et, au milieu de la désolation des chrétiens, emportèrent la vraie Croix comme un trophée de leurs victoires : de 616 à 618 ils occupèrent toute l'Egypte. Sans doute, grâce aux belles campagnes d'Héraclius, qui eurent le caractère d'une guerre sainte, les Perses durent abandonner toutes leurs conquêtes. En 629, les armées impériales avaient réussi à frapper au cœur la domination sassanide, Héraclius replaçait triomphalement la vraie Croix dans la basilique du Saint-Sépulcre, mais par une véritable ironie, il avait travaillé sans le vouloir pour des envahisseurs autrement redoutables que les Perses : en affaiblissant la puissance sassanide il devait favoriser la conquête arabe. Quatre ans en effet ne s'étaient pas écoulés depuis la victoire d'Héraclius que les premières troupes musulmanes violaient la frontière de Syrie (633). En trois ans la Syrie fut perdue sans espoir ; le 20 août 636 la bataille décisive se livrait sur les bords de l'Yarmouk. L'année suivante, le « commandeur des croyants », le calife Omar venait prendre possession de Jérusalem. Après avoir résisté jusqu'en 642, l'Egypte byzantine succomba à son tour. Dix ans plus tard les armées arabes étaient partout,

i. Jean de Nikiou, traduct. Zotenberg. Not. et ext. des mss. 1883, p. Îi86.

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