‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 184 sur 268 · De Mas-Latrie, p. 48G · texte numérisé non relu

De Mas-Latrie, p. 48G

2iG PERTE DE CONSTANTINOPLE ET DE LA TERRE SAINTE.

La défense de Saint-Jean d'Acre est la dernière page, mais non la moins glorieuse de l'histoire du royaume de Jérusalem. Les chrétiens déployaient la plus grande activité et réparaient sans cesse les brèches faites par les machines en les bouchant, à défaut de pierres, avec des estacades de bois ou des sacs de coton et de laine derrière lesquels on continuait à combattre. Au mois de mai le roi Henri II amena une flotte de vivres, 200 chevaliers et 500 piétons, puis blessé du manque d'autorité qu'il avait sur la garnison, il repartit le 15 mai et 3.000 chevaliers étrangers ou chypriotes le suivirent ^ Pendant ce temps les mineurs ennemis sapaient la tour du roi Henri qui était fendue des créneaux à la base. Le 28 mai eut lieu d'une mer à l'autre un assaut général. Les musulmans pénétrèrent par toutes les brèches; des fakirs se jetaient dans les fossés au milieu des sacs de terre pour les combler avec leurs corps. Les ouvrages avancés, la Tour du roi Henri et la barbacane du roi Hugue tombèrent aux mains de l'ennemi, puis ce fut le tour de l'enceinte : mais les chrétiens avaient formé avec des barrières une deuxième enceinte qui fut défendue quelque temps par les Hospitaliers. Déjà la retraite avait commencé : Othon de Granson s'embarquait pour Chypre avec les blessés parmi lesquels se trouvaient Jean de Grailly et le grand maître de l'Hôpital, Jean de Villiers. Pendant ce temps Mathieu de Clermont, maréchal des Hospitaliers, se faisait tuer après avoir arrêté toute la nuit un corps d'armée à la porte Saint-Antoine. Une partie de la population se réfugia au château des Templiers qui, grâce à sa situation à l'angle occidental du mur et à ses communications avec la mer, formait une for-^ teresse indépendante de la cité. Pendant que les Sar-

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