Hist. Littér. de la France^ XXVI, p. 29o et suiv
est de même du traité du médecin génois Galvano de Levante dédié aussi à Philippe le Bel : son auteur j s'inspire de la règle du jeu d'échecs pour montrer de« quelle manière les princes d'Occident parviendront à || recouvrer la Terre Sainte ^ .
A côté de ces projets, œuvres de rêveurs ou de légistes sans scrupule, en quête de nouveaux procédés fiscaux, on trouve un grand nombre de mémoires dus à des hommes expérimentés, souverains, missionnaires, marchands : tous connaissent bien l'Orient et â indiquent les moyens pratiques dont Tapplication " peut être immédiate. 11 y a d'ailleurs dans leurs observations une concordance remarquable et les méthodes qu'ils préconisent ne diffèrent que dans les détails. A lendemain de la prise de Saint-Jean d'Acre, un Frèr mineur, Fidence de Padoue, indique quelle doit être 1 principale condition .du succès, le blocus commercial de l'Egypte qui sera ruinée dès qu'on l'aura privée des droits énormes qu'elle perçoit sur les échanges entre l'Orient et l'Occident; à cet effet on formera une grande flotte qui retiendra l'armée égyptienne aux embouchures du Nil, pendant qu'une armée de 30.000 hommes débarquera dans le golfe d'Alexandrette et marchera sur la Syrie après avoir fait sa jonction avec les Mongols^. L'idée du blocus de l'Egypte et de la constitution d'une flotte internationale chargée de faire la police de la Méditerranée, se retrouve également dans le projet de Charles II, roi de Naples (1291-1292), dans ceux de Jacques de Molay, grand maître des Templiers (1307) et de Guillaume Adam, missionnaire en Orient et plus tard archevêque de Sultanyeh (1310), dans le mémoire demandé par le papeaprès le concile de Vienne à Henri II deLusignan,