Voy. bibliog
2. DELAVttiE-LEROULX, La France en Orient au XIV^ siècle, p. 21-
roi de Chypre (1311), enfin dans les « Sécréta fidelium crucis », dus au Vénitien Marino Sanudo qui dédia la première rédaction de son ouvrage à Clément V en 1309 et la seconde au roi de France, Charles IV, en 1323. Comme le montrait Henri de Lusignan, l'Egypte ne pouvait vivre sans le commerce étranger qui lui apportait les produits essentiels à son existence : du bois, du fer et les esclaves qui devenaient les terribles mamlouks. Trois ans de blocus devaient suffire à entraîner sa ruine, mais la condition essentielle à la réussite de ce plan était l'interdiction absolue du commerce des villes italiennes et surtout de Venise avec les musulmans. Dans l'hiver même de 1310 les Hospitaliers ayant pris une galère génoise chargée de marchandises égyptiennes, Gênes s'était vengée en envoyant à Rhodes des navires de guerre qui firent un butin considérable et le vendirent aux Turcs '. Pour empêcher le retour d'un pareil scandale il fallait faire croiser dans la Méditerranée une puissante escadre dont le chef nommé par le Saint-Siège serait entièrement indépendant de Gênes et de Venise. Jacques de Molay propose de confier ce poste à Rogerone, fils de l'amiral d'Aragon Roger de Loria. Seul, Marino Sanudo, tout en donnant au pape la nomination du chef de l'escadre, veut que ses équipages soient vénitiens et réserve à son pays le bénéfice delà conquête de l'Egypte qui deviendra une nouvelle Venise ; en attendant il propose de détourner vers la Perse le commerce des Indes.
Parmi les causes qui ont entraîné l'échec des croisades, tous les auteurs s'accordent à reconnaître le défaut de commandement et en particulier la rivalité entre les deux grands ordres militaires. Hospitaliers et Tem-