‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 196 sur 268 · Voy. les textes rassemblés par Rohricjit, p · texte numérisé non relu

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puyer leur action, ils finirent par se décourager. Depuis la prise de Saint-Jean d'Acre en effet il ne se passait guère d'année sans qu'on vît plusieurs souverains ou princes d'Occident prendre la croix. Des négociations s'engageaient avec les papes pour la levée des décimes de la croisade : les impôts étaient levés avec soin; au dernier moment quelque événement subit faisait retarder le départ. La croisade devint ainsi pour Philippe le Bel en France et pour Edouard I®'" en Angleterre un véritable moyen de fiscalité. En 1311, le concile de Vienne proclama solennellement le « passage » et dans une assemblée, tenue à Paris, l'année suivante, Philippe le Bel prit la croix après avoir obtenu la levée des dîmes pour six ans ^ . Après sa mort, en 1314, ses fils s'engagèrent à accomplir son vœu : en 1318, Philippe V nomma Louis, comte de Clermont, capitaine général des forces destinées à la croisade : les décimes levées par Charles le Bel furent employées à 1 une tentative pour enlever la couronne impériale à Louis de Bavière. En 1325, Louis, qui portait toujours son titre de capitaine-général, réunit les croisés à Paris le jour du Vendredi Saint et leur donna rendez-vous à Lyon pour l'année suivante, mais personne ne prenait plus ces promesses au sérieux et son discours fut accueilli par des plaisanteries. Piqué, Louis jura qu'il ne reviendrait pas à Paris avant d'avoir accompli le voyage d'outre-mer. « Et ainsi se parti de Paris, mes ne pour- I « quant il ne s'en esloigna adont pas moût loing; quar I « il se haberjoit de Paris près, c'est assavoir dehors « les portes, com au Temple, ou au Louvre, ou à Vin- « cennes ^. » Au bout de quelques années, le roi Charles IV se montra tout à coup décidé à accomplir son vœu et en 1327 nomma Amauri, vicomte de JNarbonne,

1. Df,L4Ville-Leroulx, La France en Orient au XIV^ siècle, p. 78.

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