Rec. Hist. Fr., XX, 6i4, 723; XXI
amiral d'une flotte destinée à empêcher le commerce avec les infidèles. Il s'en tint à l'intention et se contenta d'envoyer Guillaume Bonnesmain, bourgeois de Figeac, négocier avec le Soudan d'Egypte pour obtenir de lui la protection des chrétiens établis à Alexandrie ^ Philippe VI prit la croix en 1331 et obtint de Jean XXII la levée des dîmes pendant six ans; la route maritime fut choisie pour le passage. En novembre 1333, le pape nomma le roi de France capitaine-général de la croisade. Un traité fut conclu avec Venise pour obtenir des transports et on commença à rassembler des approvisionnements dans les ports de la Méditerranée; jamais le passage n'avait paru plus proche. En 1336, Philippe VI , accompagné des rois de Navarre et de Bohême, rendit visite à Avignon, à Benoît XII, récemment élu. Les rois d'Aragon et de Sicile assistèrent à cette conférence et le Vendredi Saint le pape prêcha la croisade. Puis Philippe alla à Marseille inspecter sa flotte, mais les nouvelles qu'il reçut des entreprises d'Edouard III le forcèrent à revenir à Paris 2. Le commencement des guerres anglaises empêchait encore la croisade de réussir.
Enfin, comme si la conquête de la Terre Sainte n'eût pas sufli à absorber à elle seule les forces de la chrétienté, les princes occidentaux n'avaient pas perdu entièrement l'espoir de rétablir la domination latine à Constantinople. Les intrigues diplomatiques nouées en Remanie s'entrecroisaient avec les projets de croisades et les contrariaient souvent. En 1288, Philippe le Bel fit échouer un projet de mariage entre le fils d'AndronicPaléologue et Catherine de Gourtenay^ héritière des empereurs latins : toute rivalité eût ainsi disparu, mais ice n'était pas le compte du roi de France. Ce fut son