‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 205 sur 268 · Cahun, p. 436-438 (d'après une carte chinoise de · texte numérisé non relu

Cahun, p. 436-438 (d'après une carte chinoise de

de leurs bons rapports avec les missionnaires qui avaient pénétré en Perse dès 1245 : quatre dominicains y avaient été envoyés par Innocent IV à cette époque et leur arrivée fut suivie de celle des Frères mineurs, en 1276. A la fin du xiii* siècle, le dominicain Ricold de Montecroix parcourut la Perse librement et disputa à Bagdad avec les docteurs musulmans; il composa un commentaire du Coran et des ouvrages d'apologétique destinés aux missionnaires. Rappelé en 1303 par Benoît XI, il fournit son témoignage à l'enquête que ce pape faisait sur les croyances des Orientaux. Malgré les progrès de l'islam chez les Mongols de Perse (le conquérant de la Syrie, Cazan, était musulman), la propagande des missionnaires put s'exercer en toute liberté et le nombre des prosélytes devint bientôt assez grand pour qu'il fût nécessaire d'organiser une hiérarchie catholique en Perse. En 1318, le pape Jean XXII érigea en métropole la ville de Sultanyeh, fondée en 1305 par le khan Oldjaïtou sur le plateau que l'Elbourz sépare de la Caspienne, à 1.500 mètres d'altitude. La nouvelle capitale n'avait pas tardé à se peupler et on y comptait vingt-cinq églises. Le i^"" avril 1318, le pape nomma archevêque de Sultanyeh le dominicain Franco de Pérouse, chef de la mission ; en même temps six évêchés suffragants étaient institués et confiés aux Frères prêcheurs Barthélémy Aballiati, Bernard Moret, Gérard Calvet, Bernardin de Plaisance, Barthélémy du Puy et Guillaume Adam que Franco avait envoyé en ambassade auprès du pape et qui, après avoir été sacré évêque, fut chargé de porter le pallium à son métropolitaine En 1322, Franco renonçait à l'archevêché de Sultanyeh et Guillaume ! Adam lui succédait, mais au bout de deux ans, en 1324,

Lettre de Jean XXII, éd. Koiiler, Rev. Or. lat.^X, ll-2i.

le pape le transférait à l'archevêché d'Antivari ^ Des missions de franciscains existaient aussi en Perse et en 1321 deux d'entre eux envoyés à Jean XXII lui annonçaient le retour à la communion romaine de plusieurs schismatiques, parmi lesquels Zacharie, archevêque de Saint-Thaddée et les moines de son monastère^. Guillaume Adam travailla aussi à ramener au catholicisme les Arméniens dissidents qui habitaient l'empire perse et en 1323, Jean XXII écrivit au roi d'Arménie, Léon IV et au patriarche des Arméniens, Constantin, pour obte- ' nir leur protection ^.

L'influence des missionnaires était d'ailleurs grande j en Arménie où ils avaient été attirés dès 1266 par le' roi Hayton. En 1289, le pape Nicolas IV remerciait ce prince par l'intermédiaire du frère Jean de Montecorvin de la protection qu'il leur accordait. Mais il s'agissait d'atteindre surtout les habitants schismatiques de la Grande-Arménie et de la Géorgie. Le frère Barthélémy, dominicain, originaire de Bologne, fut destiné par Jean XXII à être le chef de ces missions et le pape le sacra en 1318 archevêque de Maraga. Barthélémy apprit d'abord l'arménien et construisit un couvent dont les cellules étaient taillées dans le roc. En 1328, il eut une conférence avec l'higoumène arménien Jean qui fit retour à lunité romaine et écrivit en arménien des ouvrages d'apologétique. En 1330, eut lieu un synode de tous les représentants des monastères d'Arménie et l'abjuration du schisme fut décidée. Sous l'influence de Barthélémy et de Jean on décréta la réforme des couvents basiliens dont les frères adoptèrent la règle et l'habit de saint Dominique. Les statuts et le bréviaire des dominicains furent traduits en arménien

i . KOHLER, Rev. Or. lut., X, p. 29-32, 42-44.

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