‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 207 sur 268 · CiVEZZA, I, p · texte numérisé non relu

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sonna le khan et son fils, usurpa le pouvoir et ordonna à tous les chrétiens de se faire mahométans : sept Frères mineurs et un commerçant génois subirent le martyre en 1342.

Ce fut surtout en Chine, dans l'État du grand khan où ils n'avaient pas à lutter contre la propagande musulmane, que les missionnaires remportèrent leurs plus grands succès. En 1279, Bonagrazia de Persiceto qui avait amené des ambassadeurs tartares au concile de Lyon, ayant été élu général des Franciscains, prépara renvoi d'une mission en Extrême-Orient. Son chef fut le frère Jean, né à Montecorvino (Fouille), qui, après avoir organisé les missions de Perse, revint en Europe en 1283. Grâce à la facilité avec laquelle il s'assimilait les langues orientales et à son dévouement infaligable, Jean de Montecorvin fut véritablement le père des missions d'Extrême-Orient. Aussi, après avoir rassemblé une troupe de religieux qu'il vint présenter au pape Nicolas IV, il repartit pour l'Orient dans l'année même de son retour. Après un séjour en Arménie et en Perse il se dirigea vers l'Inde et établit à Méliapour une mission dont le chef fut le frère Nicolas de Pistoie, puis il continua sa route par mer en franchissant le détroit de la Sonde et arriva enfin en Chine vers 1298. Le grand khan Koubilaï était mort et son successeur Timour fit le meilleur accueil aux missionnaires et leur permit de prêcher publiquement et d'élever une église surmontée d'un campanile avec trois cloches. Bientôt les conversions furent nombreuses : Jean de Montecorvin apprit la langue et l'écriture des Tartares et forma un collège de jeunes gens destinés à être missionnaires. En même temps il groupait 150 enfants, les baptisait et leur apprenait les lettres grecques et latines; il écrivit à leur usage trente-deux psautiers et deux bréviaires ; quelques-uns devinrent capables de

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réciter l'office divin et de copier des livres. En 1304, Jean de Montccorvin avait conféré à Pékin plus de 5.000 baptêmes ; il dut élever une seconde église^ . Les nestoriens, jaloux de ces succès, avaient cherché à le perdre en l'accusant d'être un espion et d'avoir tué un envoyé qui portait une somme d'argent au grand khan : il se défendit devant les tribunaux chinois et fut acquitté. Le premier exemplaire du Nouveau Testament et des psaumes traduits par lui en langue mongole fut offert au grand khan. D'après les traditions des Frères mineurs, un des grands khans, peut-être Haïcham (1307- 1311), se serait fait baptiser et aurait porté l'habit de saint François. Il est difficile de vérifier l'exactitude de ce fait, qui, en lui-même, n'a rien d'invraisemblable mais qui n'aurait pas suffi, comme on était trop porté à le croire en Occident, à faire de l'empire mongol un état chrétien.

La mission de Chine devint bientôt assez importante pour donner naissance à une hiérarchie régulière. Thomas de Tolentino, chef de la mission de Perse, fut chargé par Jean de Montecorvin d'aller faire connaître au pape les résultats qu'il avait obtenus. Après un an de voyage, il vint trouver Clément V à Poitiers et dans un consistoire solennel, le pape décida que Jean de Montecorvin serait archevêque de Kambalik avec sept sulîragants sous ses ordres; sept Frères mineurs furent aussitôt sacrés évêques. Ils partirent avec des lettres du pape, mais plusieurs moururent en route de fatigue et les survivants arrivèrent en Chine en 1308^. En 1312, une bulie de Clément V nommait trois évêques nouveaux en Chine, ce qui portait le nombre des suffragants à dix. Un des évêchés les plus importants

1. Heyd, II, p. 219 et suiv. — Oderic de Pordenone, préf. de Cordier. — Ra>naldi, Annales eccl., 1305 (19-iO), 1307 (29).

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