‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 208 sur 268 · CORDIER, op. cit · texte numérisé non relu

CORDIER, op. cit

était celui de Zayton (Touen-tcheou-fou, province de Fo-Kien), grand port de commerce situé au nord de Canton où se trouvaient vers 1326 des marchands génois. Les franciscains y étaient établis depuis 1308 et y avaient construit trois églises, des bains et un entrepôt pour les marchands d'Occident. André de Pérouse, nommé par Clément V évêque de Zayton, a raconté l'entrée qu'il fît dans sa ville épiscopale, escorté par huit cavaliers tartares ; il recevait du grand khan une pension annuelle que les marchands génois lui dirent valoir cent écus d'or ^. Vers 1314, il y avait en Chine cinquante couvents de Frères mineurs et ils possédaient même un vicariat, Arabalek, situé au delà de la Grande Muraille.

Le premier archevêque de Pékin, Jean de Montecorvin, mourut en 1330, après avoir achevé son œuvre : à ses funérailles des païens déchirèrent leurs vêtements et ses restes furent l'objet d'un véritable culte. Averti de sa mort en 1333, Jean XXII désigna pour le remplacer le frère Nicolas, lecteur de théologie à l'Université de Paris, et lui permit d'emmener avec lui vingt ' religieux prêtres et six jfrères ; il lui remit des lettres pour le grand khan et les principaux souverains d'Asie. Le nouvel archevêque n'arriva en Chine qu'en 1338, quatre ans après sa nomination, si bien que le grand khan et les fidèles, inquiets de ce retard, avaient envoyé au pape une seconde ambassade composée de seize personnes, sous la conduite du frère André, et cette députation parvint à Avignon en 1338^. Le pape, qui était alors Benoît XII, envoya en Chine quatre légats apostoliques choisis parmi les Frères mineurs et leur remit des lettres pour le grand khan. Malgré la longueur effrayante des distances et les difficultés de

i. Heyd, II, 220.

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