‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 209 sur 268 · CORDIER, op. cit · texte numérisé non relu

CORDIER, op. cit

toute sorte, des rapports presque réguliers s'établissaient ainsi entre les papes et les souverains mongols : les missions, peu prospères dans les pays musulmans, se développaient avec une merveilleuse rapidité en (Ihine.

Le long voyage du bienheureux Oderic de Pordenone nous montre d'une manière frappante l'état des missions chrétiennes en Asie dans la première moitié du xiv^ siècle ^ Né en 1285, à Villanova, près de Pordenone (Frioul), Oderic entra à l'âge de quinze ans au couvent des Frères mineurs d'Udine et au bout de quelques années il obtint d'être envoyé en Extrême-Orient comme missionnaire. Il s'embarqua à Venise en 1304, s'arrêta à Constantinople, prit terre à Trébizonde et de là, en dix jours de marche, parvint à Sultanyeh après avoir traversé Erzeroum et Tauris. Sur tout son parcours il avait trouvé des couvents de la mission de Perse. Là, il se joignit à une caravane de Tartares qui partait pour l'Inde; il traversa en prêchant l'Evangile, le Farsistan, l'Irak, le Kurdistan et gagna l'Océan Indien, à Ormuz. Arrivé dans l'Inde, il recueillit à Tana los reliques des franciscains de Tauris qui venaient d'y subir le martyre après une controverse devant le cadi, mais un dominicain, Jourdain de Severac, avait échappé au massacre et reformé une chrétienté assez prospère : il fut plus tard nommé évêque de Colam, par Jean XXII. Après s'être embarqué, Oderic longea la côte de Malabar ; pendant une relâche il put assister à la procession sanglante des idoles hindoues. Puis, après une longue navigation à travers les îles de la Sonde, il aborda dans un port de la Chintî méridionale, à Zayton, il trouva deux monastères de Frères mineurs et un évêque ; il déposa dans cette ville les reliques

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