‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 24 sur 268 · Eginhard, Annales, 801. M. G. SS., I, l'JO · texte numérisé non relu

Eginhard, Annales, 801. M. G. SS., I, l'JO

prêtre Zacharie était envoyé auprès du patriarche de Jérusalem ^ Il semble bien, d'après la suite des événements, que l'objet de cette double mission était de faire reconnaître par le calife le protectorat du roi des Francs sur les chrétiens de Terre Sainte. Une pareille demande ne pouvait nullement choquer les Musulmans habitués à confondre les termes de religion et de nationalité ; la souveraineté politique du calife sur la Palestine n'était pas en cause. D'autre part, il est difficile d'admettre, comme le racontent quelques chroniques postérieures^, que l'idée de ce protectorat soit venue d'Haroun-al-Raschid lui-même. Là-dessus le témoignage de la vie de Charlemagne par Eginhard est formel : les ambassadeurs viennent trouver le calife et lui font part « du désir de leur maître ». Non seulement ils obtinrent tout ce qu'ils avaient demandé, mais à cette concession Haroun ajouta celle de la propriété du Saint-Sépulcre ^. Malgré la concision regrettable de l'historien, il est impossible de ne pas voir dans l'expression « quae petebantur » la demande de protectorat accordée par le calife. A cette gracieuseté Haroun-al-Raschid en ajouta de lui-même une autre : il fit don à Charlemagne du Saint-Sépulcre en toute propriété.

Avant même que l'ambassade de Charlemagne, partie en 797, fût revenue en Europe, le calife trouva moyen d'informer le roi franc de son consentement à ses demandes par une voie plus rapide. Très certainement par son ordre le patriarche de Jérusalem adressa

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