L'ÉTABLISSEMENT DU PROTECTORAT FRANC
jetèrent l'anathème aux doctrines iconoclastes. Les Orientaux perdirent ainsi l'habitude de compter sur la protection des empereurs byzantins et ce fut d<'sormais du côté de l'Occident que se tournèrent leurs regards.
Les papes eux aussi, obligés de renoncer à la protection si chèrement achetée parfois de Constantinople, avaient fait appel à la nouvelle puissance qui s'élevait en Occident, aux Carolingiens, pour empêcher Rome de tomber aux mains des Lombards. Le résultat de l'alliance conclue d'abord entre Pépia et Etienne II, puis entre Charlemagne et Léon III, fut de donner justement à la royauté des Carolingiens ce caractère de puissance universelle auquel les empereurs iconoclastes semblaient renoncer. Après que Charlemagne eut mis fin à l'indépendance des Lombards, conquis la Saxe, détruit l'état des Avars, après qu'il eut reçu à Rome la couronne impériale, il apparut aux yeux des chrétiens d'Orient et des musulmans comme le défenseur suprême et le représentant de la chrétienté. Telle est l'origine des négociations qui aboutirent à l'établissement du protectorat franc en Terre Sainte.
L'initiative de ces rapports paraît avoir été prise par les Francs. Dès 762, Pépin le Bref envoyait à Bagdad une ambassade qui revint au bout de trois ans, accompagnée d'envoyés du calife : la maigre chronique de cette époque ne donne aucun détail sur l'objet des négociations et parle seulement d'un échange de présents ^ Ces relations reprirent sous Charlemagne et eurent bientôt un résultat décisif : en 797 trois ambassadeurs francs, dont deux moururent ea route, partirent pour Bagdad 2, tandis que deux ans plus tard le