‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 33 sur 268 · LE PROTECTORAT FRANC APRES CIIARLEMAGNE · texte numérisé non relu

LE PROTECTORAT FRANC APRES CIIARLEMAGNE

du Saint Sépulcre possédait plusieurs terres en Italie et dans le midi de la France ^.

Ces faits prouvent assez que les chrétiens de Palestine continuèrent à jouir jusqu'au xi® siècle des avantages que leur avaient assurés les démarches de Charlemagne. Théodose patriarche de Jérusalem, dans une lettre écrite en 869 à son collègue de Constantinople, Ignace, se loue de la bienveillance des Sarrasins, qui permettent aux chrétiens de construire des églises et de vivre selon leur loi. « Ils sont justes et ne nous font tort ni violence en aucune manière ^. » Les pèlerinages des Occidentaux en Terre Sainte s'accomplissent sans obstacles, à condition toutefois qu'ils se soumettent aux lois du pays et produisent un passe-port aux autorités des villes qu'ils traversent. Le récit de Bernard le Moine qui séjourna en Orient de 866 a 870 est à cet égard bien caractéristique. Avant de quitter l'Italie, l'auteur et ses deux compagnons se rendent à Bari qui appartenait aux Sarrasins depuis 840 ^ et là ils reçoivent un véritable passe-port dans lequel se trouve leur signalement et l'exposé du but de leur voyage^'. De Tarente où ils s'embarquent les pèlerins gagnent Alexandrie où ils doivent acquitter un droit de six aurei iponr descendre à terre. Chaque fois qu'ils entrent dans une ville il leur faut faire renouveler leur passe-port etacquitterun nouveau droitde treize deniers par tête; l'oubli ou l'ignorance de cette formalité leur vaut un court emprisonnement à Babylone (Le Caire) ^. Cette fiscalité est onéreuse ; elle l'est moins que celle qui règne en Occident à la même époque et elle est l'indice d'un état régulier. L'auteur admire la sécurité

1. Voy. les textes dans Riant, Arch. Or. lat., I, p. sfe, noie 12.

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