Uin. lat., I, p
avec laquelle on peut circuler dans ces contrées : « Si la bête de somme qui porte mon maigre avoir meurtj en chemin, et si, laissant là mes bagages sans surveil lance, je vais à la ville voisine chercher une autre monture, à mon retour je retrouverai le tout intact : telle est la paix qu'ils observent. Mais si dans une ville, ou sur mer, ou dans un chemin on trouve un homme errant nuit et jour sans charte ou sans passeport portant le sceau de quelque prince ou gouverneur du pays, on le met en prison jusqu'à ce qu'on ait pu reconnaître s'il est espion ^ »
A partir des premières années du x« siècle les pèlerinages en Terre Sainte deviennent de plus en plus fréquents. Nombreux sont les grands personnages laïques ou ecclésiastiques dont les biographes mentionnent un et, quelquefois, plusieurs voyages à Jérusalem. Ces entreprises conviennent àl'humeur aventureuse de la société féodale; quelques-unes sont le résultat d'ur vœu prononcé dans un grand danger, d'autres ont pour motif la recherche des reliques des saints ; la curiosité des pays d'Orient se môle souvent aux considérations religieuses ; enfin le pèlerinage est quelquefois imposé comme expiation d'un crime. L'énumération, si sèche soit-elle, des principaux pèlerins de cette époque suffît à montrer combien les rapports entre les Occidentaux et la Palestine étaient fréquents à cette époque Vers 920, saint Conrad évêque de Constance entreprend trois fois le saint voyage ^ ; en 937, Foulque abbé de Flavigny va chercher à Jérusalem de précieuses reliques, pour enrichir son monastère ^ ; er 965, Hidda comtesse de Souabe et soeur de Gero, le
i. Itin. lat., I, p. 319.
2. M. G. SS., IV, 433. Voy. un grand nombre de textes dans Rianï art, cité, p. 166.