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La destruction du Saint-Sépulcre

Il ne semble pas que la révolution qui plaça la Palestine sous la domination des califes fatimites d'Egypte (969) ait modifié d'abord la situation des chrétiens ou compromis la sécurité des pèlerinages. Au début du xï^ siècle, les relations entre les Occidentaux et l'Orient étaient en pleine activité lorsqu'un événement inattendu vint mettre fin au régime pacifique

BIBLIOGRAPHIE. — Sources : Les détails sur la situation de la Palestine et les pèlerinages en Terre Sainte au xi« siècle sont disi)ersés dans les chroniqueurs arabes, byzantins, occidentaux. Voy. Guillaume DE T\R, Hist. Occ. Crois., I (historique de l'état de la Palestine avant les croisades. — Raoul Glaber (f® moitié du xi« siècle), éd. Prou {Coll. de textes). — Adiiémar dk Chabannais (né en 988, mort à Jérusalem vers 1034), éd. Chavanon {Coll. de textes). — Orderic Vital (1075-1143), éd. Leprf.vost et L. Delisle {Soc. Hist. Fr.). — Annales Altahenses majores (source originale à partir de 1054; détails importants sur le pèlerinage de Giinther), éd. Giesebrecht. M. G. SS., XX, 772-824, etc. Lettres de Grégoire VII, éd. Jaffé, Monum. Gregoriana et P. L., CXLVIII (voy. le comment, critique de Riant, Arch. Or. lat., I, 56 et suiv.

Monographies.— Voy. les ouvrages cités au chap|II,de Pouqueville, Lalanne, Kiant. — Sciilumberger, Uépopce byzantine. Paris. 189^-1905 3 V. — Louis Bréhier, Le schisme oriental du XI" siècle. Paris, 1899. — Defrémery, Histoire des Seldjoucides, Journ. As., 18.8. — G. Paris, La Chanson du pèlerinags de Charlemagne, Romania, IX, 1880. — Went- 2EL, Das Patriarcat von Jérusalem im Jahre i099. Sagan, 1885.

établi depuis Charlemagne. Un fou couronné, le calife Hakem, célèbre par la cruelle extravagance de ses édits et son fanatisme pour la doctrine schiite, ordonnai brusquement au gouverneur de Syrie, le Turc Yarouky^ de démolir le Saint-Sépulcre, de faire disparaître de Jérusalem tous les emblèmes chrétiens et d'anéantir toutes les reliques. Youssof, fils de Yarouk, partit pour la Ville Sainte, s'empara de toutes les offrandes accumulées dans la basilique du Saint-Sépulcre, renversa le monument de fond en comble sans pouvoir arriver cependant à en arracher les substructions; sa fureur n'épargna même pas le Golgotha. Le monastère de religieuses fondé près du Saint-Sépulcre et l'église Sainte-Marie Latine subirent le même sort. La populace fut invitée au pillage, les moines furent chassés et tous les bâtiments monastiques détruits ^ (28 septembre 1009). En même temps une violente persécution, qui dura plusieurs années, atteignait tous les chrétiens soumis au calife fatimite. Le biographe de saint Lazare de Galesion, moine grec d'Asie Mineure établi à Jérusalem, nous montre le saint réduit à. s'enfuir dans son pays devant les menaces des musulmans^. De 1009 à 1020, Hakem organisa une véritable chasse aux chrétiens et aux juifs, tant en Syrie qu'en Egypte; ceux qui eurent le courage de rester furent obligés de porter au cou des signes infamants, les chrétiens une croix de cuivre du poids de dix livres,

1. Le récit le plus complet est celui du médecin arabe Jahjâ d'Antioche, témoin oculaire des événements. Voy. l'analyse de sa relation dans ScHLUMBERGER, Epofée byzantine, II, p. 442-44i. Les chroniqueurs occidentaux mentionnent l'événement et rapportent que les Juifs d'Occident furent accusés d'avoir provoqué la persécution d'Hakem; les traitements qu'ils subirent de la part de ce calife suffit à les absoudre de cette accusation. Raoul Glaber, III, 7 (éd. Prxou, p. 71). — Adhémar de Charannais (éd. Chavanon, p. 169). — Chron. de saint MarA tial de Limoges (Dom Bouquet, H. F., X, 262).— Cedrenos, P. G., CXXIlJ 189; ZONARAS, XVII, a. 1

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